L’économie malienne poursuit sa trajectoire ascendante au troisième trimestre 2025 avec un taux de croissance de 5,2% en glissement annuel, nettement supérieur aux 3,5% enregistrés à la même période en 2024. Cette dynamique robuste intervient malgré quelques perturbations conjoncturelles, notamment sur l’approvisionnement en carburant, et traduit la vigueur de l’ensemble du tissu productif national. Les trois secteurs d’activité affichent des performances positives, à savoir 5,4% pour le primaire, 5,5% pour le tertiaire et 2,3% pour le secondaire. Les impôts nets sur les produits progressent également de 5,2%. Au total, la valeur ajoutée brute s’élève à 4 050,5 milliards FCFA, portant le PIB trimestriel du pays à 4 436,6 milliards FCFA.
Le secteur primaire, premier contributeur à 1 749,1 milliards FCFA
Avec une valeur ajoutée de 1 749,1 milliards FCFA, le primaire demeure la principale composante du PIB. Sa croissance annuelle de 5,4% repose sur la bonne tenue de toutes les branches agricoles et rurales, soutenues par une pluviométrie favorable, la poursuite des subventions en intrants et matériels agricoles et l’extension des aménagements hydro-agricoles.
L’agriculture vivrière » représente à elle seule 1 240,4 milliards FCFA et affiche une progression de 5,8%. L’élevage et la chasse contribuent à hauteur de 370,6 milliards FCFA, en hausse de 4,7%. La sylviculture enregistre 71,5 milliards FCFA, en progression de 4,7%. Avec 21,2 milliards de contribution au PIB national, la pêche connaît une accélération remarquable de 13,2%, confirmant son dynamisme malgré des conditions variables selon les zones productrices.
Le tertiaire, 2ᵉ pilier de l’économie avec 1 654,9 milliards FCFA
Selon les données officielles, le tertiaire maintient son rôle de locomotive de la croissance nationale. Avec 1 654,9 milliards FCFA de valeur ajoutée, il affiche une progression de 5,5%, légèrement supérieure à celle du troisième trimestre 2024. La performance est d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte de tensions temporaires sur l’approvisionnement en carburant affectant le commerce et les transports.
Le commerce demeure la plus forte composante du tertiaire avec 590,3 milliards FCFA, en hausse de 3,3%. Les administrations publiques, la santé et l’éducation totalisent 363,2 milliards FCFA, soutenus par un rythme de progression de 8,2%. L’information et la télécommunication génèrent 215,2 milliards FCFA (+6,4%), tandis que les activités immobilières atteignent 169,9 milliards FCFA (+6,5%). Le secteur de l’hébergement-restauration affiche une croissance de 5,3%, et les services financiers (banque et assurance) progressent de 3,9%. Les transports, malgré les contraintes logistiques, augmentent de 3,1%.
Avec 654,1 milliards FCFA, le secondaire reste le plus faible contributeur en volume aux richesses nationales, mais il retrouve une dynamique positive grâce à une croissance de 2,3%, contrastant avec la contraction de 6,1% un an plus tôt.
L’extraction de minerais métalliques, première branche du secondaire avec 212,1 milliards FCFA, recule de 1,9%, témoignant de quelques difficultés rencontrées dans le segment minier. L’agroalimentaire, deuxième moteur du secteur avec 182,4 milliards FCFA, se contracte de 2,7%. La construction, en revanche, affiche une performance de premier plan avec une hausse de 23,8% et une contribution de 133,9 milliards FCFA.
La production d’électricité enregistre la plus forte accélération du secteur atteignant 25,6 milliards (+32,5%), tandis que l’industrie textile progresse de 6% et les autres activités extractives de 4,6%. Les impôts nets sur les produits, évalués à 404,9 milliards FCFA, progressent de 5,2% en ligne avec la dynamique globale de la production nationale.
Par Léon Yougbaré


