Le marché financier de l’UEMOA a affiché une vigueur remarquable en octobre 2025, soutenu à la fois par la performance de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et par une forte mobilisation de ressources sur le marché des titres publics. Les deux segments ont évolué dans le même sens, traduisant un regain de confiance des investisseurs et un besoin accru de financement des États.
Au niveau du marché boursier, la tendance est restée orientée à la hausse. L’indice BRVM Composite a progressé de 5,8 % pour atteindre 342,7 points à fin octobre 2025, tandis que le BRVM 30 a gagné 4,7 % pour se situer à 167,8 points. Cette dynamique positive est également visible en glissement annuel, où les deux indices affichent des gains supérieurs à 25 %, illustrant la résilience du marché malgré quelques replis observés à la mi-novembre. En effet, au 20 novembre, le BRVM Composite et le BRVM 30 se sont affaiblis respectivement de de 0,7 % et 2,5 % par rapport à fin octobre, sans remettre en cause la tendance générale.
Sur le marché des titres publics, les États de l’UEMOA ont réalisé une mobilisation exceptionnelle de fonds auprès des investisseurs. Au total, 1 254,2 milliards FCFA ont été levés en octobre 2025, soit une hausse spectaculaire de 187,7 % par rapport au mois précédent, correspondant à un supplément de 818,3 milliards. Comparé à la même période en 2024, les fonds levés par les Etats ont progressé de 67,2%, représentant 504,3 milliards FCFA en valeur réelle.
Cette performance est portée par les adjudications classiques et la syndication. Sur le premier canal, les États ont levé 669,9 milliards FCFA en progression de 53,7% par rapport au mois précédent, avec une domination des bons du Trésor pour 495,1 milliards FCFA, soit 73,9% et 174,8 milliards FCFA en obligations (26,1%). Toutefois, le taux de couverture est ressorti en repli à 129,9 %, contre 153,8 % en septembre.
Côté segment par syndication, deux importantes opérations ont été réalisées notamment par le Burkina Faso et le Sénégal pour 134,3 milliards et 450 milliards respectivement, portant le total mensuel à 584,3 milliards FCFA, contre aucune mobilisation en septembre. Ce niveau dépasse largement celui d’octobre 2024, où seules 80 milliards avaient été levés.
L’analyse de l’évolution des coûts de financement montre une tendance contrastée selon les instruments. Les bons du Trésor ont vu leur taux d’intérêt moyen reculer à 5,99 %, en lien avec la réduction de la maturité moyenne des émissions passée de 8,2 à 6 mois, de septembre à octobre 2025. À l’inverse, les obligations se sont adjugées un rendement moyen de 7,85 % (+13 points de base). Ce renchérissement résulte de l’allongement des maturités recherchées par les États qui sont passées de 4,59 à 6,36 années.
En comparaison avec leur niveau en octobre 2024, le taux moyen pondéré des bons du Trésor et le rendement moyen pondéré des obligations ont reculé de 71 et 21 points de base respectivement.
Par Léon Yougbaré


