Au Burkina Faso, la microfinance confirme son ancrage dans le paysage financier avec une dynamique portée davantage par les usagers que par l’expansion des structures. Au quatrième trimestre 2025, le nombre de Systèmes financiers décentralisés (SFD) reste inchangé à 120 institutions, un niveau stable depuis la même période en 2024. Une stagnation apparente qui contraste avec la vitalité des indicateurs d’activité.
Car derrière cette stabilité institutionnelle, la base de clientèle continue de s’élargir. Le secteur a franchi le cap des 2,1 millions de membres, incluant personnes physiques et groupements. Sur un trimestre, la progression atteint 1,6 %, tandis que sur un an, elle s’établit à 8,4 %. Cette croissance est essentiellement tirée par les personnes physiques, dont les effectifs augmentent de 1,9 %, alors que les groupements enregistrent un léger repli de 0,03 %.
L’épargne, principal baromètre de confiance dans le secteur, suit la même trajectoire ascendante. L’encours passe de 539,2 milliards FCFA à fin septembre 2025 à 553,4 milliards FCFA trois mois plus tard, soit une hausse de 2,6 % sur le trimestre. En glissement annuel, la progression est nettement plus marquée, atteignant 17,8 %. Dans le même mouvement, l’épargne moyenne par membre s’établit à 334 087,6 FCFA, en hausse de 4,5 % sur un trimestre et de 17,4 % sur un an, signe d’un renforcement progressif de la capacité d’épargne des clients.
Sur le volet du financement, les SFD poursuivent leur rôle clé dans l’accès au crédit. L’encours de prêts atteint 444 milliards FCFA à fin décembre 2025, en progression de 6,2 % par rapport au trimestre précédent et de 9,2 % en rythme annuel. Cette évolution traduit une demande soutenue de financement, notamment dans les activités génératrices de revenus.
Autre signal positif, la qualité du portefeuille s’améliore. Le taux de créances en souffrance recule de 2,77 points de pourcentage pour s’établir à 6,61 % au quatrième trimestre 2025. Une évolution qui traduit un meilleur suivi des crédits et, potentiellement, une résilience accrue des emprunteurs.
Par David Yaméogo


