Le président nigérian Bola Tinubu a sollicité l’approbation de l’Assemblée nationale pour un programme supplémentaire d’emprunts extérieurs de 20,52 milliards de dollars et 1,045 milliard d’euros au titre de la période 2026-2027. Cette enveloppe, destinée à financer les infrastructures et plusieurs secteurs prioritaires de l’économie, intervient dans un contexte marqué par d’importants besoins de financement et des préoccupations liées à l’évolution de la dette publique du pays.
La demande a été transmise au Parlement dans une lettre lue mardi en séance plénière par le président du Sénat, Godswill Akpabio. Les montants sollicités s’élèvent précisément à 20 517 755 901 dollars et 1 045 083 643 euros. Sur la base d’un taux indicatif de 1 euro pour 1,16 dollar, l’enveloppe totale représente environ 21,73 milliards de dollars. Il s’agit toutefois d’un montant sollicité, dont la mobilisation reste conditionnée à l’approbation parlementaire et aux modalités de financement.
Dans sa correspondance, Bola Tinubu a justifié ce recours à l’endettement extérieur par l’ampleur du déficit d’infrastructures du Nigeria et les ressources nécessaires pour accélérer les investissements publics. Les financements envisagés doivent notamment soutenir les secteurs de l’électricité, des transports, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’approvisionnement en eau et de la sécurité. La création d’emplois ainsi que les réformes de la gestion des finances publiques figurent également parmi les priorités annoncées.
Le chef de l’État a souligné que les projets concernés avaient fait l’objet d’évaluations techniques et économiques destinées à garantir leur contribution au développement du pays. Les retombées attendues portent notamment sur la réduction de la pauvreté, le renforcement des compétences, le développement de l’entrepreneuriat et l’amélioration de la sécurité alimentaire.
Pour l’exécutif nigérian, le financement extérieur apparaît ainsi comme un moyen de mobiliser les ressources nécessaires à des investissements que les recettes publiques ne permettraient pas de couvrir suffisamment rapidement. Bola Tinubu estime que les besoins considérables en infrastructures rendent indispensable le recours à des emprunts extérieurs, sous réserve de conditions jugées prudentes.
Après la lecture de la lettre présidentielle, Godswill Akpabio a renvoyé la demande au Comité sénatorial chargé de la dette intérieure et extérieure, présidé par le sénateur Haruna Manu. Les commissions des crédits et des finances devraient également contribuer à l’examen du dossier. Le président du Sénat a précisé que certains éléments de la proposition figuraient déjà dans des plans d’emprunt antérieurs et dans les dispositifs budgétaires du gouvernement, ce qui nécessite un examen approfondi de leur portée.
Cette procédure marque le début de l’examen législatif. Elle ne vaut pas autorisation définitive de contracter les emprunts ni garantie que l’intégralité des sommes demandées sera effectivement mobilisée.
Par Amhed Coulibaly


