Le Nigeria amorce une transformation majeure de son plan budgétaire 2026, avec un recours accru à l’endettement pour soutenir ses ambitions économiques. Le gouvernement fédéral a revu à la hausse son programme d’emprunt, désormais fixé à 11 972 milliards de FCFA. Cette nouvelle estimation marque une progression significative de 4 637 milliards de FCFA par rapport à la projection initiale contenue dans la circulaire budgétaire de décembre 2025.
Cette révision s’inscrit dans un contexte d’élargissement du budget et du déficit public. Le projet de loi de finances 2026, validé par l’Assemblée nationale et détaillé dans le document d’ordre du jour de la Chambre des représentants du 31 mars 2026, met en lumière un déséquilibre croissant entre les ressources et les charges de l’État. Le déficit budgétaire est désormais estimé à 12 899 milliards de FCFA, pour des dépenses publiques projetées à 28 011 milliards de FCFA contre des recettes de 15 117 milliards de FCFA.
Face à cet écart, le gouvernement nigérian mise principalement sur l’endettement pour boucler son financement. Les autres leviers apparaissent marginaux : à peine 77,6 milliards de FCFA sont attendus des privatisations et ventes d’actifs, tandis que les prêts multilatéraux et bilatéraux liés à des projets devraient générer 840,5 milliards de FCFA. En comparaison, la précédente estimation du déficit, fixée à 20,12 billions de nairas, traduit l’ampleur de la révision opérée, tant sur les besoins de financement que sur les ambitions de dépenses.
Du côté des recettes, les perspectives affichent une progression, sans toutefois suivre le rythme des dépenses. Les revenus totaux portés principalement par les recettes de la fédération estimées à 10 627 milliards de FCFA. Les revenus indépendants contribueraient à hauteur de 1 767 milliards de FCFA, tandis que les entreprises publiques apporteraient près de 2 399 milliards de FCFA. À cela s’ajoutent 562 milliards de FCFA en subventions et aides , ainsi que 123 milliards de FCFA provenant de fonds spéciaux.
Mais c’est du côté des dépenses que la pression se fait le plus sentir. Le service de la dette s’impose comme l’un des postes les plus lourds, avec une enveloppe projetée de 6 482 milliards de FCFA. À lui seul, il rivalise avec les dépenses récurrentes hors dette, estimées à 6 326 milliards de FCFA, et montre le poids croissant des engagements financiers de l’État.
Dans le détail, la dette intérieure devrait absorber près de 4 166 milliards de FCFA, contre 2 198 milliards de FCFA pour la dette extérieure. Parallèlement, les dépenses d’investissement atteindraient 13 239 milliards de FCFA, confirmant une volonté affirmée de soutenir les infrastructures et le développement économique.
Par Drissa Ouattara


