Le Nigeria accélère son ambition de transformer son agriculture en véritable moteur industriel. Le programme des Zones spéciales de transformation agro-industrielle (SAPZ) devrait attirer 4,4 milliards de dollars d’investissements privés et afficher un taux de rendement économique interne de 30,71 %, selon les autorités nigérianes.
Ces perspectives ont été présentées par le coordinateur national du programme SAPZ, Dr Kabir Yusuf, lors d’un atelier de validation de la politique du programme. La rencontre a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé afin d’examiner le cadre réglementaire destiné à faciliter le développement de ces zones.
Selon le responsable du programme, le SAPZ devrait également générer un taux de rendement financier interne de 30,71 %, traduisant son potentiel pour accélérer l’industrialisation, créer des emplois et renforcer les chaînes de valeur agricoles. Il a insisté sur le fait que cette initiative ne constitue pas un simple programme agricole, mais un programme d’industrialisation fondé sur l’agriculture.
L’objectif est d’attirer davantage de capitaux privés, de stimuler les exportations agricoles, d’améliorer la sécurité alimentaire et de développer la transformation locale des produits agricoles. La première phase couvre déjà sept États nigérians ainsi que le Territoire de la capitale fédérale, avant une extension progressive à l’ensemble du pays.
Réduire les importations alimentaires et les pertes post-récolte
Le gouvernement entend également répondre aux importantes faiblesses structurelles du secteur agricole. Le Nigeria dépense actuellement plus de 10 milliards de dollars par an pour ses importations alimentaires, alors que les exportations agroalimentaires rapportent moins de 400 millions de dollars par an.
À cela s’ajoutent des pertes post-récolte estimées entre 30 % et 60 % de la production, représentant un manque à gagner annuel compris entre 9 et 10 milliards de dollars. Pour Kabir Yusuf, l’absence d’infrastructures de transformation, d’électricité, de routes, de financement et d’accès aux marchés empêche les produits agricoles de générer davantage de valeur ajoutée.
Une mobilisation des partenaires internationaux
La réussite du programme nécessitera une coordination entre plus de 20 ministères, agences fédérales, États fédérés, institutions financières de développement et investisseurs privés.
La représentante du Fonds international de développement agricole (FIDA) au Nigeria, Dede Ekoue, a plaidé pour une politique favorisant les investissements tout en garantissant une croissance inclusive. Elle a souligné que les petits exploitants agricoles, les femmes et les jeunes devaient être considérés comme des acteurs centraux de cette transformation agro-industrielle.
Le programme bénéficie également du soutien de plusieurs partenaires internationaux, notamment la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement.
Par Amhed Coulibaly


