L’inflation continue de refluer progressivement au Nigeria, confirmant un ralentissement des pressions sur les prix après une année marquée par de fortes tensions. Selon les dernières données publiées par le National Bureau of Statistics (NBS), le taux d’inflation global s’est établi à 15,10 % en janvier 2026, contre 15,15 % en décembre 2025, soit une légère baisse de 0,05 point de pourcentage.
Ce recul, bien que modeste, s’inscrit dans une tendance plus large de désinflation amorcée depuis plusieurs mois. Sur un an, l’amélioration est nettement plus marquée : le taux de janvier 2026 est inférieur de 12,51 points de pourcentage à celui enregistré un an plus tôt, lorsque l’inflation atteignait 27,61 %. Cette évolution traduit un apaisement progressif des tensions qui avaient fortement érodé le pouvoir d’achat des ménages nigérians.
Les données mensuelles confirment ce mouvement. En janvier, l’indice des prix a reculé de 2,88 % par rapport à décembre, alors qu’il avait augmenté de 0,54 % le mois précédent. Cette contraction indique une baisse effective du coût moyen des biens et services sur un mois, un signal encourageant pour les consommateurs. Toutefois, sur une période plus longue, les pressions inflationnistes restent élevées. Le taux moyen sur douze mois s’est établi à 21,97 % en janvier 2026, contre 17,59 % un an plus tôt, preuve que les effets cumulés de l’inflation restent importants.
La principale source de soulagement provient du recul marqué des prix alimentaires, qui constituent la plus grande part des dépenses des ménages. L’inflation alimentaire a chuté à 8,89 % en glissement annuel, contre 29,63 % en janvier 2025, soit une baisse spectaculaire de 20,73 points de pourcentage. Sur une base mensuelle, les prix alimentaires ont reculé de 6,02 %, après une baisse plus modérée de 0,36 % en décembre. Cette évolution s’explique notamment par la diminution des prix de produits de base tels que l’igname, les œufs, les haricots, le maïs, l’huile de palme, l’huile d’arachide ou encore le bœuf. Sur douze mois, l’inflation alimentaire moyenne s’est établie à 20,29 %, nettement en dessous des 38,47 % enregistrés un an auparavant, confirmant une détente progressive des coûts alimentaires.
L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits agricoles et énergétiques, suit également une trajectoire baissière. Elle s’est établie à 17,72 % en janvier 2026, contre 25,27 % un an plus tôt. Sur un mois, elle a reculé de 1,69 %, contre une hausse de 0,58 % en décembre, signe d’un ralentissement des hausses de prix dans les secteurs non alimentaires. Sur une base annuelle moyenne, ce taux s’est établi à 22,84 %, en baisse par rapport aux 27,24 % enregistrés l’année précédente.
La tendance à la baisse s’observe aussi bien en milieu urbain que rural. Dans les villes, l’inflation annuelle est tombée à 15,36 %, contre 29,45 % en janvier 2025. Sur une base mensuelle, les prix ont reculé de 2,72 %, signalant une détente des coûts dans les centres urbains. En zones rurales, l’inflation s’est établie à 14,44 % en glissement annuel, contre 25,04 % un an plus tôt, tandis que les prix ont baissé de 3,29 % sur un mois, traduisant un allègement plus prononcé dans ces régions.
Par Amhed Coulibaly


