L’inflation globale au Nigeria a poursuivi sa décrue en juillet 2026, s’établissant à 15,43 % en glissement annuel contre 15,91 % en juin. Cette amélioration masque toutefois une nouvelle accélération mensuelle des prix alimentaires, qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages.
La pression inflationniste continue de s’atténuer au Nigeria. Selon les dernières données de l’Indice des prix à la consommation (IPC) publiées par le National Bureau of Statistics (NBS), le taux d’inflation global s’est établi à 15,43 % en juillet 2026, contre 15,91 % un mois plus tôt. Il s’agit d’une baisse de 0,48 point de pourcentage en rythme annuel.
La décélération est encore plus marquée sur un an. En juillet 2025, l’inflation globale atteignait 24,94 %, soit près de dix points de pourcentage de plus qu’un an plus tard.
Cette évolution montre une modération progressive du rythme annuel d’augmentation des prix. Elle ne signifie cependant pas que les prix diminuent. L’IPC est ainsi passé de 143,0 points en juin à 145,3 points en juillet, soit une progression de 2,2 points sur le mois.
Sur une base mensuelle, l’inflation globale s’est établie à 1,57 % en juillet, contre 1,66 % en juin. Le niveau moyen des prix a donc continué d’augmenter, mais à un rythme légèrement moins soutenu.
Cette évolution confirme la tendance observée depuis plusieurs mois : le taux annuel d’inflation se modère progressivement, tandis que les ménages restent confrontés à une hausse effective des prix des biens et services.
La situation est toutefois différente selon les zones géographiques.
En milieu urbain, l’inflation s’est établie à 16,12 % en juillet 2026, en glissement annuel, contre un taux national de 15,43 %. Sur une base mensuelle, elle a néanmoins ralenti, passant de 2,13 % en juin à 1,90 % en juillet.
Le taux d’inflation urbaine moyen sur douze mois s’est établi à 16,81 %, en baisse de 13,93 points de pourcentage par rapport aux 30,74 % enregistrés en juillet 2025.
À l’inverse, l’inflation rurale s’est située à 13,77 % en glissement annuel en juillet, un niveau inférieur à celui observé dans les zones urbaines.
Mais sur une base mensuelle, la tendance s’est inversée. Le taux est passé de 0,52 % en juin à 0,78 % en juillet, soit une hausse de 0,25 point de pourcentage.
Sur douze mois, le taux moyen d’inflation rurale s’est établi à 16,72 %, contre 27,05 % un an auparavant, soit une baisse de 10,33 points de pourcentage.
La principale source de préoccupation reste toutefois l’inflation alimentaire. Celle-ci s’est établie à 20,31 % en glissement annuel en juillet 2026, contre 26,20 % en juillet 2025.
La baisse annuelle est donc significative, mais elle contraste avec une forte accélération sur le mois. L’inflation alimentaire mensuelle est passée de 3,75 % en juin à 5,56 % en juillet, soit une progression de 1,82 point de pourcentage.
Le NBS attribue notamment cette évolution aux variations des prix de plusieurs produits, parmi lesquels les écrevisses, le poivre frais, les oignons, les carottes, le riz et l’igname d’eau. Les tomates fraîches, le garri, le plantain, le bœuf, les œufs, le maïs de Guinée, le gingembre et la farine de plantain figurent également parmi les produits concernés.
Sur les douze mois à fin juillet 2026, l’inflation alimentaire moyenne s’est établie à 16,06 %, contre 30,85 % un an auparavant.
Autrement dit, la tendance annuelle est favorable, mais les tensions observées sur certains produits alimentaires en juillet montrent que le coût du panier de consommation reste un enjeu majeur pour les ménages nigérians.
L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment certains produits agricoles et énergétiques soumis à de fortes fluctuations, a également poursuivi sa décrue. Elle s’est établie à 14,97 % en juillet 2026, contre 23,95 % un an plus tôt.
Sur une base mensuelle, l’évolution est particulièrement marquée : le taux d’inflation sous-jacente est tombé à 0,15 % en juillet, contre 1,66 % en juin.
La moyenne sur douze mois s’est établie à 18,09 %, en baisse de 8,47 points de pourcentage par rapport aux 26,56 % enregistrés en juillet 2025.
Par Amhed Coulibaly


