Nigeria : plus de 4,2 milliards de dollars de capitaux privés mobilisés à travers trois nouveaux projets de partenariats public-privé

Le Nigeria accélère le recours aux partenariats public-privé pour financer ses infrastructures. Le gouvernement fédéral a validé trois nouveaux projets de PPP, ouvrant la voie à une injection de 4,29 milliards de dollars de capitaux privés dans l’économie nationale. Cette nouvelle vague d’investissements confirme la montée en puissance de ce mode de financement dans un contexte de fortes contraintes budgétaires.

Les projets approuvés concernent des secteurs stratégiques. Il s’agit du port en eau profonde de Bakassi, porté par le ministère fédéral de l’Économie marine et bleue pour un montant estimé à 2,27 milliards de dollars, du port d’Ondo, également sous la tutelle du même ministère, évalué à 1,14 milliard de dollars, ainsi que de la centrale hydroélectrique de Katsina-Ala, un projet de 460 MW chiffré à 878,1 millions de dollars et piloté par le ministère fédéral des Ressources en eau et de l’Assainissement.

Selon la Commission de régulation des concessions d’infrastructure (CICR), l’ensemble de ces projets sera intégralement financé par le secteur privé, sans garantie ni engagement financier direct de l’État fédéral. Avec ces nouvelles approbations, le Nigeria totalise désormais plus de 13 projets de PPP validés depuis le début de l’année 2025, traduisant une accélération notable du programme gouvernemental.

Pour le directeur général du CICR, le Dr Jobson Oseodion Ewalefoh, cet afflux de capitaux privés est le résultat direct des réformes engagées par le président Bola Ahmed Tinubu. Il met en avant une combinaison de clarté des politiques publiques, de libéralisation économique et de renforcement des institutions de régulation, qui commence à produire des effets tangibles. Selon lui, la taille et la qualité des projets récemment approuvés illustrent cette dynamique et renforcent l’attractivité du Nigeria auprès des investisseurs.

Les trois projets constituent la deuxième série d’un ensemble de sept initiatives de PPP validées par le Conseil, conformément aux directives réglementaires de la CICR. Au total, ces nouveaux investissements, estimés à plus de 4,29 milliards de dollars, réaffirment la volonté du gouvernement fédéral de faire des partenariats public-privé un levier stratégique de croissance économique, de transfert de technologies et de développement durable.

Sur le plan économique et logistique, les autorités nigérianes attendent des retombées structurantes. Le port en eau profonde de Bakassi est appelé à devenir une nouvelle porte maritime pour les régions du centre-nord et du nord-est du pays, tout en se positionnant comme un hub pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. De son côté, le port d’Ondo devrait contribuer à libérer le potentiel minier et agro-industriel du sud-ouest du Nigeria. Quant à la centrale hydroélectrique de Katsina-Ala, elle doit renforcer l’approvisionnement de base du réseau électrique national et stimuler l’activité économique dans la région centre-nord et au-delà.

Cette montée en régime des PPP s’inscrit dans un cadre réglementaire récemment renforcé. En août 2025, le CICR a publié de nouvelles directives visant à décentraliser les pouvoirs d’approbation au niveau des ministères, départements et agences, afin d’accélérer la maturation des projets et d’attirer davantage d’investissements privés. Ces directives s’appuient sur une politique approuvée en juin 2025 par le président Tinubu, autorisant le CICR à approuver de manière autonome les projets inférieurs à 20 milliards de nairas sans passer par le Conseil exécutif fédéral. Désormais, les ministères peuvent valider des projets en dessous de ce seuil, tandis que les agences e peuvent gérer ceux inférieurs à 10 milliards de nairas. Les projets de plus grande envergure ou impliquant plusieurs ministères restent soumis à l’approbation du Conseil exécutif fédéral.

Avant cette deuxième série, la première vague de PPP approuvée en novembre par le Conseil exécutif fédéral portait notamment sur le Système d’authentification et de suivi des produits, la plateforme de vérification biométrique sans contact V-PASS et la concession de l’aéroport international de Port Harcourt. Ces projets avaient déjà permis de mobiliser 230,9 millions de dollars d’investissements privés supplémentaires.

Par Drissa Ouattara

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