Notation Financière : Fitch Ratings relève la note de crédit du Ghana de « Défaut restreint » (RD) à « B- », avec une perspective stable

Fitch Ratings a annoncé une mise à jour significative de la note de défaut émetteur à long terme en devises (IDR) du Ghana, la faisant passer de « Défaut restreint » (RD) à « B- », avec une perspective stable. Ce reclassement reflète l’amélioration des relations du pays avec ses créanciers commerciaux, à la suite d’une restructuration réussie de sa dette.

Selon Fitch, cette décision repose sur plusieurs facteurs. En octobre 2024, le Ghana a restructuré ses euro-obligations d’une valeur de 13,1 milliards USD. Bien que 2,6 milliards USD de dette extérieure non performante restent à restructurer, Fitch estime que les risques de non-participation sont faibles. Environ 700 millions USD de cette dette sont considérés comme commerciaux, soit 5 % de la dette commerciale extérieure initialement incluse dans le périmètre de la restructuration.

Par ailleurs, le pays a ratifié, en janvier 2025, un protocole d’accord sur la restructuration de sa dette bilatérale officielle, portant sur 5,1 milliards USD. Fitch prévoit que le Ghana achèvera la restructuration de sa dette extérieure d’ici fin 2025, ce qui devrait renforcer la confiance des investisseurs.

S’agissant du service de la dette, l’agence prévoit qu’il atteindra 1,2 % du PIB en 2025, avec des paiements d’intérêts représentant 0,5 % du PIB. Cette capacité à honorer ses engagements est soutenue par une hausse des réserves internationales, qui ont atteint 6,8 milliards USD en 2024. La dette publique devrait reculer à 60 % du PIB en 2025 et 2026, contre 72 % en 2024, grâce à une forte croissance du PIB nominal, à une consolidation budgétaire et à une restructuration efficace de la dette.

Amélioration des finances publiques, excédents du compte courant et recul de l’inflation

Bien que le déficit budgétaire primaire ait atteint 3,9 % du PIB en 2024, le Ghana vise un excédent primaire de 1,5 % en 2025, principalement par la réduction des dépenses. Le déficit budgétaire global devrait s’établir à 3,6 % en 2025, contre 7,9 % en 2024.

Fitch prévoit que l’excédent du compte courant (ECC) passera d’un record de 4,3 % du PIB en 2024 à 1,1 % en 2026, en raison d’une hausse des importations stimulée par la croissance économique et d’une baisse anticipée des prix des principales exportations. Cette situation marque une nette amélioration par rapport aux lourds déficits enregistrés avant le défaut de paiement, et se compare favorablement au déficit médian des pays notés « B », estimé à 3 % du PIB en 2026. Le pays devrait ainsi pouvoir constituer des réserves couvrant 3,9 mois de paiements extérieurs courants en 2026, contre 2,6 mois en 2024.

Concernant l’inflation, une moyenne de 15 % est prévue pour 2025, puis 10 % en 2026, contre 23 % en 2024. Cette baisse serait soutenue par l’appréciation du cedi, une politique monétaire stricte et une discipline budgétaire renforcée. La Banque du Ghana pourrait commencer à abaisser son taux directeur dès juillet 2025.

Croissance résiliente du PIB réel

Malgré le contexte de restructuration, la croissance du PIB réel est restée robuste, atteignant 3,1 % en 2023 et 5,7 % en 2024. Elle devrait se maintenir à 4 % en 2025, puis à 4,5 % en 2026, portée par le rebond de la production agricole et l’expansion continue des secteurs industriel et tertiaire.

Par Bernadette W. Gansonré

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