L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) poursuivent leur stratégie de rétablissement progressif de l’offre mondiale de pétrole. Réunis en visioconférence, les principaux membres de l’alliance, emmenés par l’Arabie saoudite et la Russie, ont approuvé une augmentation de 188 000 barils par jour (bpj) des quotas de production pour le mois de septembre.
Cette décision constitue la quatrième hausse mensuelle consécutive de même ampleur, après celles adoptées pour les mois de juin, juillet et août. Elle marque l’achèvement, du moins sur le plan des quotas, de l’annulation progressive d’une partie des réductions volontaires de production mises en œuvre en 2023 afin de soutenir les cours du brut face au risque d’un excédent d’offre.
Une hausse des quotas, mais une production encore limitée
Malgré l’assouplissement progressif des restrictions, l’impact réel sur l’offre mondiale demeure limité. L’OPEP+ souligne que plusieurs pays membres restent dans l’incapacité d’atteindre leurs nouveaux quotas en raison de contraintes techniques, de sanctions internationales ou encore de difficultés logistiques affectant les exportations de pétrole, notamment via le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.
Dans ce contexte, l’Arabie saoudite demeure le principal pays disposant d’une capacité de production excédentaire, lui permettant d’ajuster plus rapidement son niveau d’extraction lorsque les conditions du marché le permettent.
Une stratégie prudente face aux incertitudes
La décision intervient alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, continuent de peser sur les flux pétroliers régionaux. L’alliance estime toutefois que ces perturbations n’ont pas significativement modifié l’équilibre actuel du marché.
Selon l’OPEP+, les niveaux de production devraient rester globalement inchangés après septembre, le groupe privilégiant une approche prudente afin d’évaluer l’évolution de la demande mondiale, les fondamentaux du marché et les risques géopolitiques avant toute nouvelle décision.
Au total, les relèvements successifs des quotas engagés depuis juin correspondent à l’annulation progressive d’environ 3,5 millions de barils par jour de réductions de production décidées en 2023, hors quota spécifique accordé aux Émirats arabes unis. Toutefois, la quantité supplémentaire effectivement injectée sur le marché reste nettement inférieure, plusieurs producteurs ne disposant pas des capacités nécessaires pour exploiter pleinement leurs quotas. Cette stratégie permet à l’OPEP+ de préserver un équilibre entre l’approvisionnement mondial et la stabilité des prix, tout en conservant une marge de manœuvre pour adapter sa politique en fonction de l’évolution du marché pétrolier.
Par Amhed Coulibaly


