Pétrole : Le Nigeria enregistre une production de 1,4 million de barils par jour confirmant sa place de premier producteur africain

Le Nigeria a entamé l’année 2026 sur une note légèrement positive sur le front pétrolier. Selon le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la production de brut du pays a atteint 1,459 million de barils par jour (bpj) en janvier, contre 1,422 million en décembre 2025. Cette progression mensuelle de 37 000 barils par jour confirme une reprise progressive de l’activité dans la première économie d’Afrique, tout en consolidant sa position de premier producteur du continent, devant la Libye, dont la production s’est établie à 1,37 million de barils par jour sur la même période.

Cette amélioration reste toutefois insuffisante pour permettre au Nigeria d’atteindre le quota de 1,5 million de barils par jour fixé par l’OPEP. Le pays accuse ainsi un déficit d’environ 50 000 barils quotidiens par rapport à son objectif officiel, prolongeant une série de contre-performances. En effet, il s’agit du sixième mois consécutif durant lequel la production nigériane reste en dessous du plafond assigné, un signal révélateur des difficultés persistantes du secteur. Les estimations issues de sources secondaires citées par l’OPEP placent néanmoins la production légèrement plus haut, à 1,47 million de barils par jour.

Derrière ces chiffres se cache une réalité plus complexe. Le Nigeria continue de faire face à des contraintes structurelles majeures, notamment le vol de pétrole et le sabotage récurrents des pipelines dans la région stratégique du delta du Niger. Ces actes, combinés à des années de sous-investissement dans les infrastructures en amont, ont fortement limité la capacité du pays à augmenter rapidement sa production. À cela s’ajoutent des perturbations opérationnelles et des besoins de maintenance qui ont freiné la performance globale du secteur. Malgré une amélioration progressive observée ces derniers mois, les acteurs du marché estiment que des réformes profondes et un renforcement de la sécurité énergétique seront indispensables pour combler durablement l’écart avec les quotas.

Au niveau global, le rapport de l’OPEP met en évidence un recul de la production totale des pays signataires de la Déclaration de coopération, qui s’est établie à 42,45 millions de barils par jour en janvier, soit une baisse de 439 000 barils par jour par rapport au mois précédent. Cette diminution s’inscrit dans la stratégie de gestion de l’offre adoptée par les pays producteurs afin de stabiliser les prix dans un environnement marqué par une demande incertaine et des tensions macroéconomiques.

Pour le Nigeria, l’enjeu dépasse largement les performances techniques du secteur pétrolier. Les exportations de brut constituent la principale source de devises du pays et un pilier central des recettes publiques. Toute amélioration durable de la production pourrait contribuer à renforcer les réserves extérieures, réduire les pressions budgétaires et soutenir la mise en œuvre des politiques économiques. Conscient de ces enjeux, le gouvernement fédéral a fixé un objectif ambitieux de production de 2,6 millions de barils par jour pour 2026, tout en retenant une hypothèse plus prudente de 1,8 million de barils par jour dans son budget.

Par Amhed Coulibaly

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