L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté, le 9 janvier 2026, un projet de loi portant réorganisation des jours chômés et payés ainsi que des journées de commémoration au Burkina Faso. Défendu par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Mathias Traoré, le texte vise explicitement à augmenter le temps annuel de travail et à réduire les pertes économiques associées aux jours non ouvrés.
Le gouvernement inscrit cette réforme dans une dynamique de souveraineté nationale qui requiert, selon l’Exécutif, davantage de rigueur productive et un effort collectif pour accompagner les réformes en cours. Une étude réalisée en 2021 par le Secrétariat permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance (SP/MABG) avait révélé qu’un agent public ne travaillait effectivement que 214 jours par an, soit 58,63 % du calendrier annuel. Ce volume ramenait le nombre d’heures accomplies à 1 704 heures annuelles, loin des 2 080 heures théoriques correspondant aux 40 heures hebdomadaires.
Ce déficit se traduit par un manque à gagner estimé à 376 heures par agent chaque année. Le ministère de l’Économie et des Finances a évalué l’impact budgétaire de ce temps perdu à près de 67,5 milliards FCFA pour l’année 2025, soit 4,22 milliards FCFA de manque à gagner par jour chômé et payé.
Face à ce constat, l’ALT a validé la proposition du gouvernement de réduire le nombre de jours chômés et payés de 15 à 11. Les jours fériés conservés concernent le 1er janvier, le 8 mars, le 1er mai, le 15 mai, le 11 décembre et le 25 décembre, auxquels s’ajoutent l’Ascension, l’Assomption, le Ramadan, la Tabaski et le Mouloud.
Parallèlement, six dates historiquement marquantes seront désormais considérées comme des journées de commémoration et de recueillement, mais resteront travaillées. Il s’agit notamment du 3 janvier, du 5 août, du 31 octobre, ainsi que du 4 août, du 15 octobre et du 1er novembre. Les modalités horaires spécifiques seront déterminées par communiqué du ministre en charge de la Fonction publique et du Travail.
La réforme supprime par ailleurs la règle qui faisait du lendemain d’une fête tombant un dimanche un jour chômé et payé, une mesure jugée coûteuse et peu productive. Selon les projections officielles, ces ajustements permettront à l’État de récupérer environ 16,88 milliards FCFA par an, consolidant l’effort national de redressement productif.
Par Léon Yougbaré


