Riz basmati : confrontée aux blocages en Iran, l’Inde cherche de nouveaux marchés et met l’Afrique en ligne de mire

L’Inde accélère la recherche de nouveaux débouchés pour son riz basmati, alors que la situation politique et économique en Iran fragilise les échanges commerciaux et complique le rapatriement des recettes. En cause : des troubles internes persistants, une inflation élevée et une monnaie en chute, qui perturbent les expéditions et retardent les paiements aux exportateurs indiens.

Dans une publication relayée sur son site officiel, la Fédération indienne des exportateurs de riz (IREF) explique que le contexte iranien crée une incertitude « sur tous les canaux commerciaux » et affecte significativement les exportations de basmati vers ce marché, longtemps considéré comme stratégique. Les professionnels rapportent des difficultés croissantes, notamment des retards de règlement et une baisse du pouvoir d’achat des importateurs iraniens, conséquence directe de la dépréciation du rial et de l’inflation.

Selon l’IREF, des cargaisons d’une valeur de plus de 1 500 crores de roupies seraient actuellement bloquées dans les ports iraniens, soit environ 167 millions de dollars. Les sanctions et tarifs imposés par les États-Unis sur le commerce avec l’Iran sont également pointés du doigt, car ils affaiblissent davantage les importations iraniennes et aggravent les retards de paiement.

Dans ce climat, les exportateurs indiens se montrent de plus en plus prudents. « Les exportateurs indiens de riz basmati hésitent à envoyer des cargaisons vers l’Iran par crainte de défauts de paiement et de pertes importantes », souligne la fédération. Un changement notable s’observe aussi dans la hiérarchie des clients : l’Iran, autrefois premier acheteur du basmati indien, est désormais tombé à la troisième place.

Face à ces risques, New Delhi veut capitaliser sur sa position de leader mondial. L’IREF rappelle que l’Inde est actuellement « le plus grand exportateur mondial de riz » et également « le plus grand producteur », avec un surplus important qui pousse le pays à sécuriser de nouveaux marchés pour maintenir des revenus stables. Les zones ciblées sont clairement identifiées : l’Afrique, l’Asie de l’Ouest et l’Europe.

Pour le continent africain, cette réorientation pourrait ouvrir une fenêtre d’opportunité. L’arrivée plus marquée du basmati indien sur de nouveaux marchés intervient dans un contexte où l’Afrique reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses besoins alimentaires. En s’y développant, l’Inde cherche aussi à réduire son exposition à des marchés à haut risque comme l’Iran, tout en consolidant ses recettes d’exportation.

Cette nouvelle stratégie suggère que les pays africains pourraient être de plus en plus sollicités pour absorber le surplus indien, ce qui renforcerait la présence du riz basmati sur le continent, avec à la clé une concurrence accrue entre fournisseurs et une recomposition des circuits d’approvisionnement.

Par Drissa Ouattara

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