Selon le premier numéro du bulletin des matières premières 2025 de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), l’Afrique a extrait environ 690 tonnes d’or en 2024, représentant près de 30 % de l’offre mondiale. Sur la même période, les cours de l’or ont été soutenus, enregistrant une hausse de 25 % pour atteindre 2 610,85 dollars l’once, soit la plus forte progression annuelle depuis 14 ans. Cette dynamique s’est poursuivie en 2025, portée par les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et les achats soutenus des banques centrales.
Le Ghana et le Mali se distinguent parmi les principaux producteurs, avec plus de 125 tonnes pour le Ghana et un renforcement des capacités de raffinage à Sénou au Mali. Afreximbank souligne que malgré ce potentiel, le continent peine à valoriser pleinement ses ressources. En effet, les capacités de raffinage limitées et les contraintes infrastructurelles obligent l’Afrique à exporter majoritairement de l’or brut, ce qui réduit la valeur ajoutée locale.
Pour remédier à cette situation, plusieurs initiatives ont été lancées. On note à cet effet, l’ouverture en 2025 de la Royal Ghana Gold Refinery, la première raffinerie commerciale du Ghana et la deuxième plus grande d’Afrique. Le Burkina Faso a également inauguré en 2024 sa première raffinerie de pétrole. Selon le rapport, cette raffinerie traduit la volonté du pays à développer la transformation locale et à réduire sa dépendance aux exportations de matières premières brutes.
L’Afrique dispose d’un potentiel aurifère considérable, cependant sa capacité à en tirer pleinement profit reste limitée par des infrastructures insuffisantes et un manque de raffinage local. Les initiatives récentes, comme l’ouverture de raffineries au Ghana et au Burkina Faso, sont des étapes importantes, mais le continent doit encore investir massivement dans la transformation et la valorisation de ses ressources pour renforcer durablement sa position sur le marché mondial.
Par Leila Toé


