Le Sénégal a obtenu un prêt de 57 millions d’euros, soit 37,4 milliards de FCFA, du Fonds de l’OPEP pour le développement international afin d’accroître sa production alimentaire, de réduire sa dépendance aux importations et d’améliorer les conditions de vie en milieu rural. L’accord a été signé en marge des réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Bangkok, en Thaïlande.
Ce prêt fait partie d’un projet global de 266 millions de dollars, cofinancé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Fonds italien pour le climat (ICF), qui contribuent chacun à hauteur de 90 millions de dollars.
Les ressources serviront à financer le Projet d’appui à la stratégie de souveraineté alimentaire (PASS), qui vise à renforcer la production agricole nationale. Prévu dans 10 des 14 régions administratives du Sénégal, notamment dans le bassin arachidier, l’est du pays et la Haute-Casamance, le programme devrait bénéficier à environ 900 000 personnes, dont des femmes et des jeunes. Il mettra l’accent sur l’irrigation, l’accès aux intrants agricoles, l’adoption de pratiques adaptées au changement climatique et le rapprochement des producteurs des marchés locaux.
Concrètement, le projet prévoit d’améliorer la gestion de l’eau sur 1 500 hectares de terres agricoles, de construire ou de réhabiliter environ 330 km de routes rurales et d’accompagner plus de 2 200 exploitations. Des investissements sont également prévus dans le stockage et la transformation des produits alimentaires. Ces aménagements contribueront à réduire les pertes après récolte, à faciliter l’acheminement des produits vers les consommateurs et à améliorer les revenus des exploitants.
Ces interventions répondent à plusieurs contraintes qui pèsent sur l’agriculture sénégalaise, un secteur essentiel à l’économie nationale et à l’emploi rural. Les agriculteurs restent notamment confrontés à l’irrégularité des conditions climatiques, à un accès limité à l’irrigation et à des infrastructures de marché insuffisantes. L’amélioration des conditions de production et de commercialisation doit contribuer à renforcer les systèmes alimentaires locaux et à créer de nouvelles possibilités économiques dans les campagnes.
Pour le président du Fonds de l’OPEP, Abdulhamid Alkhalifa, le renforcement de la sécurité alimentaire passe par un meilleur accès à l’eau, aux techniques agricoles modernes et aux marchés. Le financement doit ainsi aider les communautés rurales à produire davantage, à améliorer leurs revenus et à mieux résister aux effets du changement climatique, tout en renforçant la capacité du Sénégal à nourrir une population croissante.
Cette opération prolonge le partenariat de longue date entre le Fonds de l’OPEP et le Sénégal. L’institution a approuvé jusqu’ici 40 prêts au secteur public sénégalais, pour un montant cumulé de près de 672 millions de dollars, dans les secteurs des transports, de l’agriculture, de l’éducation, de l’énergie, de la santé, de l’eau et de l’assainissement. Elle a notamment accordé un prêt concessionnel de 100 millions d’euros pour soutenir la campagne agricole sénégalaise 2024-2025.
Par Bernadette W. Gansonré


