Sénégal : Le gouvernement autorise l’exportation d’une partie de la production arachidière et suspend la taxe de 4%

Confronté à une production arachidière exceptionnelle, le Sénégal ouvre une fenêtre à l’exportation afin d’absorber les excédents de la campagne en cours. Le gouvernement a autorisé la sortie de 300 000 à 450 000 tonnes de graines d’arachide vers les marchés internationaux, une décision annoncée le mardi 13 décembre 2026 à Diamniadio à l’issue d’échanges avec les acteurs de la filière.

Cette orientation s’accompagne de la suppression de la taxe de 4 % appliquée jusque-là aux exportations. L’objectif est de fluidifier la commercialisation d’une production nationale estimée à plus de 900 000 tonnes, largement supérieure aux projections initiales, et de soulager les producteurs et commerçants confrontés à un engorgement du marché intérieur.

Les autorités misent notamment sur la demande asiatique, en particulier chinoise, pour écouler une partie des volumes excédentaires. Les discussions engagées avec les partenaires internationaux laissent entrevoir des débouchés favorables, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui souligne l’intérêt manifesté par les acheteurs étrangers.

L’ouverture à l’exportation reste toutefois encadrée. Les opérateurs devront se conformer aux exigences en matière de qualité des produits, de traçabilité des quantités exportées, de contrôle douanier et de rapatriement des recettes en devises. Les services des douanes et les institutions financières ont été mobilisés pour accompagner la mise en œuvre de ces mesures.

En parallèle, le gouvernement entend préserver l’équilibre du marché local. La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) est ainsi appelée à acquérir entre 250 000 et 450 000 tonnes d’arachide afin de soutenir les producteurs et de garantir l’approvisionnement de l’industrie locale.

Les concertations menées avec les acteurs de la filière ont par ailleurs mis en lumière plusieurs défis structurels, notamment les tensions sur les prix, les difficultés de financement des commerçants, les contraintes fiscales, l’insuffisance des points de collecte et les lenteurs logistiques. Autant de facteurs que les autorités entendent traiter pour renforcer la compétitivité et la résilience de la filière arachidière sénégalaise.

Par Bernadette W.Gansonré

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