Le mégaprojet Simandou entre dans une nouvelle phase de concrétisation nationale. Ce mardi 28 octobre 2025, au Palais Mohammed V de Conakry, le Président de la Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a reçu officiellement le Programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040, un plan d’investissement estimé à plus de 200 milliards de dollars sur quinze ans.
Le Programme Simandou 2040, fruit d’un travail coordonné par le Comité stratégique de Simandou sous la direction de Djiba Diakité, vise à transformer en profondeur l’économie guinéenne en s’appuyant sur les potentialités minières, agricoles et industrielles du pays. Bâti sur 122 mégaprojets et 36 réformes structurelles couvrant 14 secteurs prioritaires, le Programme Simandou 2040 s’articule autour de cinq piliers stratégiques. Le premier, consacré à l’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce, mobilisera plus de 65 milliards de dollars à travers 32 mégaprojets et 10 réformes.
Le deuxième, dédié à l’éducation et à la culture, prévoit plus de 40 milliards de dollars d’investissements pour 13 mégaprojets et 5 réformes sur les 15 prochaines années. Le troisième pilier, axé sur les infrastructures, les transports et les technologies, concentre à lui seul plus de 100 milliards de dollars , répartis entre 52 mégaprojets et 10 réformes. Le quatrième pilier, relatif à l’économie, la finance et l’assurance, bénéficiera de 1,5 milliard de dollars pour 16 mégaprojets et 5 réformes, tandis que le cinquième, dédié à la santé et au bien-être, mobilisera plus de 30 milliards de dollars pour 7 mégaprojets et 3 réformes. Ensemble, ces axes structurent la vision du gouvernement guinéen pour une croissance inclusive, durable et souveraine à l’horizon 2040.
Trois phases pour transformer l’économie guinéenne
Le déploiement du Programme Simandou 2040 s’effectuera en trois grandes phases successives. La première, couvrant la période 2025-2030, sera consacrée à la mise en place des infrastructures de base et au renforcement des services essentiels. La deuxième phase, prévue entre 2030 et 2035, marquera l’entrée de la Guinée dans une ère de transformation industrielle. Elle portera principalement sur la valorisation locale des ressources minières, notamment la production d’alumine, d’acier et d’or raffiné. Enfin, la période 2035-2040 sera consacrée à la diversification économique et à l’intégration régionale.
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Trois leviers structurants soutiennent cette vision ambitieuse notamment le projet intégré Mines-Infrastructures de Simandou, véritable moteur industriel du pays, la notation souveraine B+ obtenue auprès de Standard & Poor’s, qui renforce la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux, et enfin, la création d’un Fonds souverain guinéen, destiné à financer les projets stratégiques et à préserver les richesses nationales pour les générations futures.
Par Léon Yougbaré


