Startup africaine : Terrahaptix lève 22 millions de dollars pour accélérer la production de drones de défense en Afrique

La start-up nigériane Terrahaptix Inc., spécialisée dans les technologies de sécurité autonome, accélère sa montée en puissance. Basée à Abuja, l’entreprise, anciennement connue sous le nom de Terra Industries, vient de lever 22 millions de dollars, pour renforcer la production de ses systèmes destinés à la surveillance et à la protection des infrastructures critiques en Afrique. Cette levée de fonds, menée par le fonds américain Lux Capital avec la participation de Resilience17 Capital, le véhicule d’investissement fondé par Olugbenga Agboola, directeur général de Flutterwave, confirme l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour les technologies de défense développées sur le continent.

Cette opération intervient seulement quelques semaines après un précédent financement de 11,8 millions de dollars, portant à près de 33,8 millions de dollars, les capitaux levés récemment par l’entreprise. Des investisseurs historiques, notamment 8VC et Nova Global, ont également participé à ce nouveau tour de table, bouclé en moins de deux semaines, signe d’un fort engouement pour le modèle de Terrahaptix. Son directeur général, Nathan Nwachukwu, a reconnu que ce financement dépasse largement les attentes initiales de la société, qui visait un montant bien inférieur.

Ce nouvel apport de capital servira d’abord à étendre l’usine existante à Abuja, avec l’objectif ambitieux d’atteindre une capacité de production de 40 000 drones par an. La start-up prévoit également la construction imminente d’une méga-usine de défense dans un lieu qui n’a pas encore été dévoilé, afin de répondre à la demande croissante des gouvernements et des forces de défense africaines. L’entreprise entend aussi renforcer ses équipes d’ingénierie pour soutenir cette expansion. Pour Nathan Nwachukwu, ces investissements doivent permettre à l’Afrique de se doter d’un avantage technologique dans la lutte contre le terrorisme et la protection des infrastructures stratégiques.

Fondée en 2024 par deux jeunes entrepreneurs, Nathan Nwachukwu, 22 ans, et Maxwell Maduka, 24 ans, Terrahaptix développe des drones longue et moyenne portée, des tours de surveillance autonomes et des véhicules terrestres sans pilote. Ces technologies sont déjà utilisées pour sécuriser des actifs évalués à environ 11 milliards de dollars, soit près de 6 710 milliards de FCFA, notamment des installations hydroélectriques au Nigeria et des sites miniers au Ghana. Elles répondent à un besoin croissant de sécurisation dans des zones isolées ou à haut risque, où les solutions traditionnelles sont souvent coûteuses ou inefficaces.

La trajectoire de la start-up s’est accélérée début 2026, lorsque Terra Industries, son ancienne identité, avait levé 11,75 millions de dollars sous la conduite de 8VC, le fonds fondé par Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir, avec la participation de plusieurs investisseurs internationaux, dont Valor Equity Partners, SV Angel et Lux Capital. À cette époque, l’entreprise avait déjà signé des contrats représentant plusieurs dizaines de millions de dollars et disposait d’un solide pipeline dans les secteurs public et privé. Alex Moore, associé défense chez 8VC et administrateur chez Palantir, avait rejoint son conseil d’administration, renforçant sa crédibilité auprès des acteurs de la défense.

Au-delà de l’Afrique, Terrahaptix affiche désormais des ambitions internationales. La société a annoncé la création d’une coentreprise avec AIC Steel en Arabie Saoudite pour établir sa première unité de fabrication hors du continent. Ce partenariat vise à co-développer une nouvelle usine et à positionner l’entreprise sur les marchés du Moyen-Orient, tout en consolidant sa chaîne d’approvisionnement mondiale.

Par Drissa Ouattara

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