Tchad : La dette publique ressort à plus de 3700 milliards de francs CFA à fin 2025, soit 30,4 % du PIB

L’encours de la dette publique du Tchad devrait atteindre 3 715 milliards de francs CFA à la fin de l’année 2025, soit 30,4 % du PIB, contre 3 586 milliards à fin décembre 2024 (30,3 %). Cette hausse s’explique principalement par le recours accru aux titres publics, en particulier les Obligations du Trésor , pour financer l’exécution budgétaire et soutenir les priorités nationales, ainsi que par les décaissements réalisés dans le cadre du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI.

La dette tchadienne à fin décembre 2025 se répartit en deux grandes catégories. La dette extérieure s’élève à 1 836 milliards de francs CFA, soit 49,4 % de l’encours total, et se compose d’emprunts multilatéraux, bilatéraux et commerciaux. La dette multilatérale représente 44 % de ce total et provient d’institutions telles que le FMI, l’IDA, le FAD, la BID, le FIDA et la BADEA. La dette bilatérale constitue 52 % de l’encours extérieur et est principalement détenue par des institutions comme le Fonds Abu Dhabi pour le Développement, Eximbank Chine, le Fonds Koweïtien pour le Développement Économique Arabe, le Fonds Saoudien de Développement et l’AFD. La part commerciale est plus modeste, représentant 4 %.

La répartition par devises montre une prépondérance du dollar américain (64 %), suivi de l’euro (17 %), du yuan chinois (11 %) et des autres devises (8 %), après conversion des Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Cette diversification contribue à réduire les risques liés aux fluctuations monétaires.

De son côté, la dette intérieure, qui s’élève à 1 879 milliards de francs CFA (50,6 % de l’encours total), est dominée par les titres publics, principalement les OTA (59 %) et les BTA (2 %). S’y ajoutent la dette conventionnée auprès du système bancaire local (27 %) et les créances envers les institutions CEMAC (9 %), notamment la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale et les créanciers bilatéraux. Les emprunts obligataires émis par syndication représentent 3 % de l’encours.

En résumé, la dette publique du Tchad reste globalement maîtrisée, avec un encours équilibré entre dette intérieure et extérieure et un ratio dette/PIB bien en dessous du plafond communautaire de 70 %. Le recours accru aux titres publics, notamment aux Obligations du Trésor Assimilables (OTA), reflète une stratégie de financement domestique et une confiance croissante des investisseurs institutionnels. Sur les cinq dernières années, l’encours de ces instruments a plus que triplé, illustrant à la fois un renforcement du marché financier régional et un repositionnement stratégique de l’État, avec une préférence marquée pour les maturités longues, favorisant ainsi la stabilité et la soutenabilité de la dette publique à moyen terme.

Par Leila Toé

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