Airtel Africa plc a dévoilé ses résultats financiers pour le trimestre clos le 30 septembre 2025, marqués par une solide performance sur l’ensemble de ses marchés. Le groupe télécoms panafricain affiche une forte croissance de ses revenus, soutenue par l’essor des services de données et du mobile money.
Le chiffre d’affaires s’établit à 2,982 milliards de dollars, soit environ 1 789,2 milliards FCFA, en hausse de 24,5% à taux de change constant et de 25,8% en monnaie de présentation. Cette dynamique s’explique notamment par les ajustements tarifaires opérés au Nigeria et par le maintien d’une croissance robuste en Afrique francophone. Les revenus en monnaie de présentation ont même bondi de 29,1% au deuxième trimestre, profitant de l’appréciation des devises locales.
Les services de données confirment leur rôle de moteur principal de croissance : leurs revenus atteignent 1,161 milliard de dollars (696,6 milliards FCFA), dépassant pour la première fois ceux de la téléphonie traditionnelle, avec une progression de 37% à taux de change constant. Les services de mobile money, sous la marque Airtel Money, enregistrent une hausse de 30,2%, portée par l’expansion de la base d’utilisateurs et une plus grande adoption des paiements numériques.
La performance opérationnelle suit la même tendance ascendante. L’EBITDA grimpe de 33,2% pour atteindre 1,447 milliard de dollars (868,2 milliards FCFA), avec une marge améliorée à 48,5%. Le bénéfice après impôts bondit de 375,95% à 376 millions de dollars, équivalant 225,6 milliards FCFA, contre seulement 79 millions de dollars (47,4 milliards FCFA) un an plus tôt, grâce à la hausse du résultat d’exploitation et aux gains de change enregistrés, notamment l’appréciation du naira nigérian et du franc CFA. Le bénéfice par action s’élève ainsi à 8,3 cents, contre 0,8 cent précédemment.
Sur le plan de la gestion financière, Airtel Africa poursuit la localisation de sa dette, désormais libellée à 95% en monnaies locales, réduisant ainsi son exposition aux fluctuations de change. Le ratio d’endettement s’améliore (2,1 contre 2,3 un an plus tôt), tout comme celui ajusté des contrats de location (0,8 contre 1). Les dépenses d’investissement sont restées stables à 318 millions de dollars (190,8 milliards FCFA), tandis que le dividende intérimaire a été relevé de 9,2% à 2,84 cents par action. Le programme de rachat d’actions de 100 millions de dollars reste en bonne voie pour s’achever d’ici mars 2026, selon la direction.
Sur le terrain, la stratégie de croissance d’Airtel Africa s’appuie sur un investissement massif dans les infrastructures : 2 350 nouveaux sites ont été déployés, portant le total à 38 300, et le réseau de fibre optique a été étendu de 4 000 km, atteignant 81 000 km. La couverture de la population progresse à 81,5%, avec 98,5% des sites désormais équipés en 4G.
Cette expansion soutient une croissance continue de la clientèle, qui atteint 173,8 millions d’abonnés, en hausse de 11% sur un an. Les utilisateurs de données s’élèvent à 78,1 millions en progression de 18,4%, tandis que le taux de pénétration des smartphones grimpe à 46,8%. Le trafic de données s’est accru de 45%, entraînant une hausse de 16,8% du revenu moyen par utilisateur data. De son côté, Airtel Money renforce son rôle dans l’inclusion financière, avec 49,8 millions d’utilisateurs actifs, en augmentation de 20 % et une valeur trimestrielle des transactions dépassant 193 milliards de dollars (+35,9 %), soit plus de 115 800 milliards FCFA.
Par Léon Yougbaré


