United Bank for Africa a bouclé avec succès une nouvelle étape décisive de sa recapitalisation. Le groupe bancaire nigérian a levé 178,3 milliards de nairas, soit environ 69,5 milliards de FCFA, à l’issue d’une émission de droits clôturée le 19 septembre 2025. Cette opération porte sa base de capital au-delà du seuil réglementaire de 500 milliards de nairas, l’équivalent de 195 milliards de FCFA, exigé des banques internationales de premier rang. Elle consolide une dynamique engagée quelques mois plus tôt, après une première levée de 239 milliards de nairas (environ 93,2 milliards de FCFA) réalisée en juillet 2025, qui avait porté les fonds propres d’UBA à 355,2 milliards de nairas, soit près de 138,5 milliards de FCFA.
Selon les données publiées par la banque, l’émission de droits a enregistré 6 404 acceptations valides, portant sur 3,56 milliards d’actions, pour une valeur totale de 178,3 milliards de nairas. La quasi-totalité des souscriptions provenait des droits standards, tandis que les droits négociés sont restés marginaux, avec seulement cinq transactions sur la Nigerian Exchange, représentant 10 462 actions. Les demandes invalides ont porté sur 568,7 millions d’actions, évaluées à 28,43 milliards de nairas, soit environ 11,1 milliards de FCFA, ce qui porte le volume global sollicité à plus de 4,13 milliards d’actions, valides et invalides confondues.
L’émission a été proposée à 50 nairas par action, soit environ 19,5 FCFA, pour plus de 3,15 milliards d’actions ordinaires, réservées aux actionnaires inscrits au registre au 16 juillet 2025.
Avec cette dernière levée, UBA dépasse désormais l’exigence minimale de recapitalisation fixée par la Banque centrale du Nigeria, qui impose aux banques internationales une base de capital d’au moins 500 milliards de nairas, soit 195 milliards de FCFA, avant mars 2026. Cette avancée place UBA parmi les premières institutions du pays à se conformer aux nouvelles règles, dans un contexte de durcissement prudentiel et de consolidation accélérée du secteur bancaire nigérian.
Ce renforcement des fonds propres accroît la capacité d’UBA à financer des projets de grande envergure, à soutenir les économies africaines où elle est implantée et à consolider son expansion internationale. Il envoie également un signal positif aux investisseurs et aux marchés financiers, alors que la solidité des banques nigérianes est scrutée de près.
Au niveau de l’actionnariat, le registre arrêté au 30 juin 2025 montre une structure relativement dispersée. Aucun actionnaire ne détient plus de 5 % du capital, à l’exception de Heirs Holdings Limited, avec 5,15 %, et des nominés UBA, qui en détiennent 6,27 %. Heirs Holdings appartient au milliardaire nigérian Tony Elumelu, également président du conseil d’administration de la banque.
Sur le plan financier, les performances restent solides. À l’issue des neuf premiers mois de 2025, UBA a enregistré un bénéfice non audité de 537,5 milliards de nairas, soit environ 209,6 milliards de FCFA, en hausse de 2,33 % par rapport à la même période de 2024. Les produits bruts ont progressé de près de 3 %, atteignant 2 500 milliards de nairas, l’équivalent de 975 milliards de FCFA, une dynamique portée essentiellement par la croissance des revenus d’intérêts.
Par Ouattara Drissa
Naira = 0,39 FCFA


