UEMOA : la croissance atteint 6,5 % en 2025, la convergence économique se renforce

Les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) affichent une amélioration de leurs performances en 2025. Avec une croissance portée à 6,5%, un déficit budgétaire ramené à 3,1% du PIB et cinq États respectant les critères de convergence de premier rang, l’espace communautaire consolide ses fondamentaux macroéconomiques. Des défis persistent toutefois, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales et de maîtrise de la dette publique.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) confirme en 2025 une dynamique de redressement de ses principaux indicateurs économiques. Présentés le 14 septembre 2026 à Ouagadougou, dans le cadre de la session de sensibilisation des journalistes des États membres sur les chantiers de l’Union, les résultats de la surveillance multilatérale mettent en évidence une amélioration de la croissance, des finances publiques et de la convergence macroéconomique.

La présentation a été assurée par Dr Émile Ouédraogo, Chargé de la surveillance multilatérale à la Commission de l’UEMOA. Cet exercice constitue un instrument central du dispositif communautaire, destiné à suivre la compatibilité des politiques économiques des États membres avec les objectifs de stabilité et de convergence de l’Union.

En 2025, le taux de croissance économique de l’UEMOA s’est établi à 6,5%, contre 6,1% en 2024. Cette progression montre une accélération de l’activité dans pratiquement tous les États membres.

Le Bénin affiche la plus forte croissance de l’Union avec 8,1%, suivi du Niger et de la Côte d’Ivoire, à 6,6% et 6,5% respectivement. Le Sénégal enregistre une croissance de 6,7%, tandis que le Burkina Faso ressort à 5,3%. Le Mali, le Togo et la Guinée-Bissau affichent des taux respectifs de 6,1%, 6,2% et 5,5%.

L’évolution des prix constitue l’un des faits marquants de l’exercice 2025. Le taux d’inflation annuel moyen de l’UEMOA est ressorti à 0%, contre 3,5% en 2024, selon les données présentées par la Commission.

Cette décélération s’observe dans pratiquement tous les États membres. Le Niger enregistre une inflation négative de -4,7%, tandis que le Burkina Faso affiche -0,5%. À l’inverse, le Mali connaît une hausse de 2,3%, le Sénégal 1,4% et le Bénin 1,1%.

Sur le front des finances publiques, l’UEMOA enregistre une amélioration notable. Le déficit budgétaire global de l’Union est passé de 5,3% du PIB en 2024 à 3,1% en 2025, soit une réduction de 2,2 points de PIB.

Cette évolution montre un effort de consolidation budgétaire dans l’ensemble des États membres. Cinq pays affichent désormais un déficit conforme à la norme communautaire de 3% du PIB ou inférieur à celle-ci. Le Burkina Faso présente un déficit de 1,3% du PIB, tandis que le Mali et le Niger enregistrent respectivement 1,6% et 2,5%.

La Côte d’Ivoire se situe à la limite de la norme avec un déficit de 3%, alors que la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Togo demeurent au-dessus du seuil, avec des déficits respectifs de 6,9%, 6,4% et 3,2%.

L’encours de la dette publique totale de l’Union a diminué en proportion du PIB, passant de 64,8% en 2024 à environ 63,2% en 2025.

Six États membres respectent la norme communautaire de 70% du PIB. Le Burkina Faso affiche un taux d’endettement de 53,8%, contre 57,3% en 2024. La Côte d’Ivoire ressort à 57%, le Mali à 40,5% et le Niger à 48,8%.

En revanche, la Guinée-Bissau et le Sénégal présentent des taux supérieurs au seuil communautaire, avec respectivement 75,4% et 119,6% du PIB.

L’un des principaux résultats de la surveillance multilatérale en 2025 réside dans l’amélioration de l’état de convergence des États membres. Au 31 décembre 2025, cinq pays à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger ont respecté les trois critères de convergence de premier rang.

Ces États représentent 79,6% du PIB nominal de l’Union, soit une proportion supérieure au seuil de 65% requis pour satisfaire à la condition de masse critique prévue par le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité.

La Commission souligne que les conditions de convergence ont ainsi été réunies pour la deuxième fois dans l’histoire de l’UEMOA, après la performance enregistrée en 2019.

Pour 2026, les perspectives présentées par la Commission tablent sur une croissance régionale de 6,3%, légèrement inférieure aux 6,5% enregistrés en 2025. Le taux de pression fiscale devrait progresser de 15,1% à 15,7% du PIB, tandis que le déficit budgétaire régional est projeté à 3,2% du PIB.

Le taux d’endettement public total est, pour sa part, attendu à environ 62% du PIB. Ces projections restent provisoires et pourraient faire l’objet de révisions dans le rapport de surveillance multilatérale de décembre 2026.

Au niveau des États, le Burkina Faso devrait enregistrer une croissance de 5,7% en 2026, contre 5,3% en 2025. La Côte d’Ivoire et le Niger affichent des perspectives de croissance de 6,7% chacun, tandis que le Bénin est projeté à 7,5%.

La progression attendue de la pression fiscale dans plusieurs pays traduit la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes intérieures. Cet enjeu demeure central pour financer les investissements publics, préserver la viabilité budgétaire et réduire la dépendance aux financements extérieurs.

L’harmonisation des finances publiques au cœur de la convergence

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, la convergence repose sur l’harmonisation des règles de gestion des finances publiques. L’UEMOA a adopté en 2009 six directives majeures portant notamment sur la transparence dans la gestion des finances publiques, les lois de finances, la comptabilité publique, la nomenclature budgétaire, le plan comptable de l’État et le tableau des opérations financières de l’État.

Ce dispositif a été complété par deux directives adoptées en 2011 et 2012, relatives au régime financier des collectivités territoriales et à la comptabilité des matières.

Au 31 décembre 2025, sept États membres avaient transposé l’ensemble des huit directives, tandis que la Guinée-Bissau en avait transposé sept sur huit. La mise en œuvre de ce cadre vise à renforcer la transparence, la performance de la dépense publique et la qualité de l’information financière.

Par Drissa Ouattara

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