L’environnement monétaire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu, en septembre 2025, une dynamique contrastée entre stabilité des orientations de politique monétaire, ajustements sur les marchés interbancaires et expansion soutenue de la masse monétaire. En effet, la BCEAO a décidé, le 17 septembre, de maintenir le taux directeur à 3,25% et le guichet de prêt marginal à 5,25%.
Ainsi, les coûts de refinancement sur les guichets hebdomadaires de la BCEAO ont légèrement progressé, avec un taux moyen pondéré qui atteint 4,54% en septembre contre 4,26% en août. Le taux marginal, pour sa part, s’est établi à 4,22%. Sur le marché interbancaire, les évolutions restent nuancées avec un taux moyen sur une semaine qui a reculé à 4,78% en octobre, soit une baisse de 5 points de base par rapport à septembre, tandis que la moyenne toutes maturités confondues s’est légèrement élevée à 5 %, en progression mensuelle.
Du côté des banques commerciales, le taux débiteur moyen s’est maintenu à 6,67% en septembre 2025 contre 7,12% le moins précédent. Toutefois, ce taux vari d’un pays à l’autre. En Côte d’Ivoire, il est observé un taux débiteur de 4,14% contre 6,22% un mois plus tôt, 8,48% contre 9,55% en Guinée-Bissau, 6,81% contre 7,5% au Togo et 7,29% contre 7,60% au Bénin. A contrario, le Niger (9,4%), le Burkina Faso (8,08%), le Mali (8%) et le Sénégal (6,65%) ont enregistré une hausse des taux pratiqués.
Les taux créditeurs ont suivi une tendance légèrement haussière, atteignant 5,4% pour les dépôts à terme, soutenus par une progression notable au Togo (6,13% contre 5,61%), au Burkina (5,95% contre 5,57%) et au Mali (5,31% contre 5,22%). À l’inverse, le Sénégal et la Côte d’Ivoire enregistrent un recul de la rémunération des dépôts passant respectivement de 5,70% à 5,03% et de 4,73% à 4,63%.
Quant à l’évolution monétaire de l’Union, elle demeure dynamique en septembre 2025. La masse monétaire a progressé de 15% en glissement annuel à fin septembre, contre 13,2% en août. Cette expansion est fortement portée par l’envolée des actifs extérieurs nets, qui ont augmenté de manière spectaculaire de 599,2%, soit 6 674,9 milliards FCFA de plus, ainsi que par l’augmentation de 6,1% des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes pour atteindre 3 683,3 milliards FCFA.
En septembre 2025, les créances sur l’économie ont évolué de 5,4%, après 3,4% à fin août. Au cours de cette période, les crédits accordés aux sociétés non financières affichent une croissance de 3,6%. Les crédits bancaires pour les ménages suivent la même tendance, augmentant de 8,8% après 1,8% un mois en arrière.
Par Léon Yougbaré


