mercredi 18 février 2026

139 millions de dollars levés en septembre 2025 par les startups africaines : Les secteurs Fintechs, énergie propre et IA en tête de peloton

Le mois de septembre 2025 a marqué un ralentissement dans le financement des startups africaines. Selon les données compilées, les jeunes pousses du continent ont levé 139,4 millions de dollars (soit environ 83,4 milliards FCFA) à travers 63 transactions divulguées, tandis que quatre autres n’ont pas révélé le montant obtenu. Ce volume est en baisse de 25,7 % par rapport aux 187,6 millions de dollars (112,2 milliards FCFA) mobilisés en août, alors même que le nombre d’entreprises financées a augmenté.

Cette évolution traduit une modération de l’activité des investisseurs à l’approche du dernier trimestre de l’année, dans un contexte de refroidissement du capital-risque observé sur l’ensemble du continent depuis la mi-2025. Après un rebond au deuxième trimestre, soutenu par des tours de table massifs dans les fintechs et les énergies propres, la dynamique d’investissement s’est essoufflée, les investisseurs privilégiant désormais une approche plus sélective et prudente.

Pourtant, la confiance envers les startups solides demeure. Les 10 principales entreprises financées en septembre ont capté 112,2 millions de dollars, soit plus de 80 % du total levé, confirmant que les investisseurs misent avant tout sur les projets disposant de fondamentaux commerciaux robustes et d’un potentiel de croissance régionale. Les secteurs les plus attractifs restent les technologies financières, les énergies renouvelables, la logistique et l’agriculture, qui continuent de structurer l’économie de l’innovation sur le continent.

Sur le plan géographique, l’Égypte, le Nigeria et le Kenya se maintiennent comme les trois principaux pôles de startups africaines, dominant à la fois les volumes de transactions et l’attention des investisseurs.

Les 10 startups africaines les mieux financées en septembre

En tête du classement figure Kredete (Nigeria), qui a levé 22 millions de dollars (13,2 milliards FCFA) lors d’un tour de série A mené par AfricInvest, avec la participation de Partech et Polymorphic Capital. Cette fintech aide les immigrés africains à bâtir un historique de crédit à l’étranger. Les fonds serviront à son expansion au Canada, au Royaume-Uni et en Europe.

La société sud-africaine Pura Beverage occupe la deuxième place avec 14 millions de dollars (8,4 milliards FCFA) levés pour développer sa marque de sodas naturels à faible teneur en sucre. Elle prévoit d’intensifier sa distribution, notamment aux États-Unis.

En troisième position, Contactable (Afrique du Sud) a obtenu 13,5 millions de dollars (8 milliards FCFA) pour renforcer son offre d’identité numérique destinée aux banques et opérateurs télécoms, dans un contexte de réglementations de plus en plus strictes.

L’égyptienne Intella, spécialisée dans l’intelligence artificielle et le traitement de la voix arabe, a levé 12,5 millions de dollars (7,5 milliards FCFA) lors d’un tour de série A conduit par Prosus Ventures et 500 Global, afin d’accélérer sa croissance dans la région MENA.

En cinquième position, The Invigilator (Afrique du Sud), une plateforme edtech de surveillance d’examens à distance, a mobilisé 11 millions de dollars (6,6 milliards FCFA) pour étendre sa technologie éducative basée sur l’IA à l’international.

Du côté de la mobilité, la start-up kényane Arc Ride a obtenu 10 millions de dollars (6 milliards FCFA) auprès de Mirova pour développer 600 stations d’échange et 25 000 batteries destinées à ses véhicules électriques.

Le secteur agricole n’est pas en reste. Babban Gona (Nigeria) a sécurisé 7,5 millions de dollars (4,5 milliards FCFA) auprès de British International Investment (BII) pour soutenir 150 000 petits exploitants d’ici 2029. De même, Aydi (Égypte) a levé 7,5 millions de dollars pour numériser les chaînes de valeur agricoles et lancer Orth, un assistant agronomique alimenté par l’IA.

Toujours dans les énergies propres, Odyssey Energy Solutions, une plateforme panafricaine, a mobilisé 7,5 millions de dollars auprès de BII pour financer des mini-réseaux électriques dans le cadre du programme DARES au Nigeria.

Enfin, la start-up nigériane Mopo, qui propose des systèmes d’énergie solaire mobiles pour les zones rurales, a levé 6,7 millions de dollars (4 milliards FCFA) grâce à Norfund, l’institution norvégienne de financement du développement.

Répartition régionale

La répartition des financements montre une concentration dans les régions les plus dynamiques du continent :

Afrique australe : 43,4 millions de dollars (31,1 %) dans 10 startups ;

Afrique de l’Ouest : 41,1 millions de dollars (29,5 %), dominée par le Nigeria avec 7 des 9 entreprises financées ;

Afrique du Nord : 28,9 millions de dollars (20,7 %) ;

Afrique de l’Est : 18,2 millions de dollars (13 %) ;

Afrique centrale : 0,3 million de dollars (0,2 %).

Le Nigeria conserve son rôle de moteur du financement africain, totalisant 40,5 millions de dollars (29 %), grâce à la vitalité de ses fintechs et agritechs. L’Afrique du Sud, pour sa part, s’illustre dans les secteurs de l’edtech et du commerce de détail, tandis que l’Égypte et le Kenya enregistrent une montée en puissance dans l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables.

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