17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement : 11 milliards de dollars mobilisés auprès de 43 partenaires

Londres a accueilli, le lundi 15 décembre dernier, la réunion finale d’annonces de contributions à la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD). Par rapport à la précédente reconstitution, le cycle FAD-17 enregistre une progression de 23 % des engagements, pour un volume global de 11 milliards de dollars, soit environ 6 600 milliards FCFA.

Dans un contexte international marqué par de fortes contraintes budgétaires et un recul des financements alloués à l’aide publique au développement, cette 17e reconstitution constitue la plus importante jamais réalisée depuis la création du Fonds en 1972. Les contributions des pays africains se sont élevées à 182,7 millions de dollars, correspondant à près de 109,62 milliards FCFA. Au total, 23 pays du continent ont pris part à cette mobilisation, un niveau de participation inédit dans l’histoire du FAD. Parmi eux, 19 pays contribuent pour la première fois, aux côtés des partenaires régionaux traditionnels.

Réagissant à cette mobilisation sans précédent, le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a souligné une évolution structurelle Adu positionnement du continent. Selon lui, l’Afrique n’est plus uniquement bénéficiaire de financements concessionnels, mais devient désormais co-investisseur de son propre développement. « Ce n’est pas un geste symbolique. (…) Il s’agit d’une transformation profonde », a-t-il déclaré.

S’agissant de l’architecture financière du FAD-17, les partenaires ont validé un nouveau modèle visant à renforcer l’effet de levier du Fonds. Celui-ci permettra au FAD de valoriser davantage son bilan, notamment à travers le recours futur à l’emprunt sur les marchés financiers. Par ailleurs, le Fonds déploiera des instruments financiers innovants, incluant des capitaux hybrides, et utilisera de manière plus stratégique le financement concessionnel afin de mutualiser les risques, d’attirer les capitaux privés et de catalyser des investissements à grande échelle.

Selon la Banque africaine de développement, chaque dollar mobilisé via le FAD permet actuellement de générer environ 2,5 dollars de cofinancement et d’investissements privés. Ce ratio, a indiqué le président Sidi Ould Tah, est appelé à s’améliorer dans le cadre du nouveau modèle financier, renforçant ainsi le rôle du financement concessionnel comme levier d’absorption des risques, de mobilisation du secteur privé et d’accélération du développement.

Les ressources issues du FAD-17 seront orientées vers plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’élargissement de l’accès à l’énergie, le renforcement des systèmes et de la sécurité alimentaires, le développement du capital humain, l’intégration régionale et le commerce, ainsi que les infrastructures.

Autre fait notable de cette 17e reconstitution : la mise en place, pour la première fois, de partenariats de cofinancement concessionnel à grande échelle en parallèle du Fonds. Parmi les partenaires financiers au développement figurent la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qui s’est engagée à hauteur de 800 millions de dollars, ainsi que le Fonds de l’OPEP pour le développement international, avec une enveloppe pouvant atteindre 2 milliards de dollars.

Par Léon Yougbaré

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