Burkina Faso : l’État digitalise ses achats de billets d’avion avec la plateforme e-Dimaakia

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques (MTDPCE) et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) ont conjointement lancé e-Dimaakia, une plateforme numérique dédiée à l’acquisition des titres de transport aérien de l’administration publique. Cette initiative s’inscrit dans la logique de modernisation de la gestion des finances publiques voulue par le gouvernement.

Conçue comme un mécanisme d’enchères électroniques, e-Dimaakia met en concurrence les agences de voyages agréées dans un délai ramené à deux heures, avec sélection automatique de l’attributaire et édition automatique du contrat à la clé. La plateforme est par ailleurs ouverte aux compagnies aériennes elles-mêmes, élargissant ainsi le vivier de la concurrence.

L’initiative répond à une anomalie structurelle bien connue des gestionnaires publics. Dans le cadre des procédures classiques de commande publique, l’acquisition de billets d’avion supposait une prévisibilité totale des besoins annuels – destinations, fréquences, nombre de participants , une exigence difficilement conciliable avec la nature imprévisible des déplacements officiels. Résultat : les autorités contractantes recouraient fréquemment au fractionnement de marchés publics ou procédaient à des régularisations a posteriori, générant des surcoûts significatifs pour les organismes publics.

Alfred Thiombiano, directeur général du Contrôle des marchés publics et des engagements financiers (DGCMEF), a présenté la plateforme comme une rupture opérationnelle majeure. « Elle permet de vérifier un certain nombre de documents de façon automatique », a-t-il expliqué, ajoutant la possibilité de lancer les appels à la concurrence voyage par voyage et d’assurer un suivi numérique en temps réel de l’ensemble des transactions.

Alfred Thiombiano, directeur général du Contrôle des marchés publics et des engagements financiers (DGCMEF)

Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, e-Dimaakia incarne une exigence de souveraineté budgétaire. « Chaque franc public doit désormais porter une double responsabilité : celle d’être utile et traçable », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement.

Pour le ministre, cette action s’inscrit dans une dynamique de refondation de l’action publique engagée par le gouvernement depuis 2022. « Une refondation qui ne se contente pas de corriger les insuffisances du passé, mais qui ambitionne de transformer structurellement notre manière de gérer, de décider et de servir », a-t-il insisté.

Sur le plan des avantages attendus, la plateforme promet une comparaison automatisée des tarifs propre à réduire les commissions d’agences, une limitation des pratiques frauduleuses grâce à la traçabilité numérique, ainsi qu’une continuité de service même en contexte de crise, l’acquisition des titres étant entièrement dématérialisée. À cet effet, elle incarne, selon Dr Nacanabo, une « rupture avec les lourdeurs administratives d’hier, rupture avec les opacités qui fragilisent la confiance, rupture avec les pratiques qui ne garantissent ni efficacité ni équité ».

ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo

Le ministre a appelé l’ensemble des acteurs de la chaîne de commande publique à s’approprier l’outil sans délai. « Avec cette plateforme, nous faisons le choix de la transparence, de la performance et de la modernité assumée. Mais au-delà de l’outil, ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est une victoire collective. Une victoire de l’intelligence nationale, une victoire de la compétence locale », s’est-il félicité, tout en promettant un engagement sans faille de l’État à garantir un environnement transparent.

Photo de famille

« Ensemble, faisons de e-Dimaakia un modèle de collaboration réussie entre l’administration publique et le secteur privé », a conclu M. Nacanabo. À terme, e-Dimaakia est appelée à devenir le canal unique d’acquisition des titres de transport aérien pour toutes les autorités contractantes, à l’exception de celles disposant déjà de contrats en cours de validité – accords-cadres ou marchés à commandes.

Par David Yaméogo

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