Le Nigeria met en place un système de facturation électronique en temps réel pour moderniser la collecte des impôts

Le Nigeria engage une réforme majeure de son administration fiscale en passant à la déclaration des transactions en temps réel grâce à un système national de facturation électronique. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à moderniser la collecte de l’impôt et à accélérer la transformation numérique de l’économie.

Désormais, les factures commerciales éligibles devront être transmises électroniquement au Nigeria Revenue Service (NRS) dès leur émission. Le nouveau mécanisme remplace un système où les entreprises déclaraient traditionnellement leurs ventes plusieurs mois après la réalisation des transactions.

Selon le calendrier de déploiement communiqué par le NRS, les grands contribuables sont déjà soumis à un suivi renforcé de conformité. Les entreprises de taille intermédiaire devront entamer leur intégration obligatoire à partir de juillet 2026, tandis que les petites et jeunes entreprises rejoindront progressivement le dispositif en 2027, dans le cadre d’une mise en œuvre étalée sur trois ans.

Les autorités nigérianes présentent cette réforme comme un outil de transparence et de visibilité économique plutôt que comme une simple mesure destinée à accroître les recettes fiscales. Chaque facture enregistrée recevra un numéro de référence unique, permettant à l’administration fiscale de rapprocher automatiquement les données de transaction des déclarations d’impôt. Ce système doit limiter les risques de sous-déclaration tout en simplifiant les obligations déclaratives des entreprises.

Le Nigeria rejoint ainsi plusieurs pays africains ayant déjà adopté la facturation électronique pour renforcer la conformité fiscale. Compte tenu de son tissu économique, le programme nigérian pourrait toutefois devenir le plus vaste dispositif de ce type en Afrique. Le pays compte en effet plus de 2,5 millions d’entreprises enregistrées.

La National Information Technology Development Agency (NITDA), chargée d’accréditer les fournisseurs technologiques participant au déploiement, indique qu’une cinquantaine d’entreprises ont déjà obtenu leur certification après avoir satisfait aux exigences de cybersécurité, de protection des données et de fiabilité des systèmes.

Pour faciliter l’adoption du dispositif, le gouvernement précise que les entreprises ne seront pas contraintes de remplacer leurs logiciels comptables ou leurs systèmes de gestion existants. La plateforme nationale a été conçue pour s’interfacer avec plus de cinquante solutions de planification des ressources d’entreprise (ERP) grâce à des interfaces de programmation d’applications (API).

Par Drissa Ouattara

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