La Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) prépare la mise en place d’une filiale dédiée au secteur assurantiel, avec pour ambition de permettre au pays de capter l’intégralité des primes générées par les activités du pétrole et du gaz.
L’annonce a été faite par le directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, lors d’un atelier de concertation sur le dispositif assurantiel dans le secteur extractif. Cette future structure, présentée comme une « captive d’assurances », devrait entrer en service dès juillet prochain.
Elle permettra de récupérer jusqu’à 100 % des primes d’assurance liées aux projets pétro-gaziers, notamment ceux des champs GTA et Sangomar, au lieu de la faible part actuellement captée par les acteurs locaux.
Depuis le début de l’exploitation des hydrocarbures, près de 13 milliards FCFA de primes d’assurance seraient générés chaque année par les deux principaux projets. Pourtant, malgré la mise en place anticipée du Pool d’assurance des risques pétroliers et gaziers en 2024, les compagnies d’assurance sénégalaises ne parviennent à capter qu’environ 5 % de ces flux financiers.
Une situation que Petrosen, en synergie avec le Secrétariat technique du Comité national de suivi du contenu local (ST-CNSCL) et la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA), souhaite corriger.
Cette initiative s’inscrit dans la politique de contenu local, dont l’ambition est de permettre au secteur privé national de bénéficier davantage des retombées économiques des ressources extractives.
Pour Alioune Guèye, la création de cette filiale constitue une étape structurante dans cette vision. Selon lui, les primes d’assurance annuelles liées à chaque champ pétrolier et gazier se situent entre 12 et 13 millions de dollars, soit environ 13 milliards FCFA pour les deux principaux projets actuellement en exploitation.
Malgré cette ambition, le secteur fait face à plusieurs obstacles. Les compagnies d’assurance locales disposent encore de capacités limitées pour couvrir des risques aussi importants, ce qui les oblige à recourir massivement à la réassurance internationale.
Par ailleurs, des contraintes juridiques freinent également une meilleure captation des primes. Le secrétaire technique du CNSCL, Dr Mor Bakhoum, rappelle que la loi sur le contenu local réserve certains segments aux entreprises locales, mais que la définition actuelle de ces dernières pose problème. « L’essentiel des sociétés actives sont de droit sénégalais, mais ne répondent pas totalement aux critères d’entreprise locale exigeant 51 % de capital détenu par des nationaux », a-t-il expliqué.
Ces enjeux seront au cœur des discussions entre les différents acteurs du secteur, avec pour objectif de réadapter la notion d’entreprise locale au contexte actuel et de renforcer la participation effective des acteurs nationaux.
Par Leila Toé


