Burkina : Beryl Consulting partage son expertise en transformation digitale et cybersécurité avec les acteurs des institutions financières

Le cabinet panafricain Beryl Consulting a animé, le jeudi 4 juin 2026 à Ouagadougou, un séminaire de formation destiné aux cadres d’institutions financières burkinabè. La journée était placée sous le thème « Transformation digitale et cybersécurité : enjeux pour les institutions financières », avec pour formateurs Eric NIAMIEN, associé-gérant du cabinet, et son associé Christian SEKA.

La session a couvert un large spectre : contexte général de la cybersécurité dans le secteur financier, cadre réglementaire, gestion des cyberrisques, état des lieux du numérique en Afrique et conduite du changement au sein des organisations. Une architecture pédagogique qui reflète la double nature du digital : vecteur de performance et source de vulnérabilités nouvelles.

Eric Niamien a d’emblée posé le cadre à travers des données sur les attaques subies par les institutions financières africaines ces dernières années. Citant les rapports d’Interpol, il a rappelé que 30 % des crimes commis sur le continent africain relèvent désormais de la cybercriminalité. Plus préoccupant encore, a-t-il poursuivi, une étude de Data Protect révèle que 85 % des institutions financières africaines déclarent avoir été victimes d’une cyberattaque. « Si on regarde la complexité ou la taille des hackers qui mènent ces attaques à l’échelle du continent, il y a quand même de vrais points d’attention », a indiqué Eric Niamien.

Ce phénomène a entraîné des pertes financières colossales pour plusieurs banques à travers le continent. La Bank of Africa Mali a subi, en 2023, un préjudice estimé à 6 milliards FCFA. Plus récemment, en 2026, le groupe UBA a enregistré des pertes avoisinant 1 milliard FCFA, réparties dans dix pays d’Afrique subsaharienne.

Opportunité et risque, les deux faces du digital

Le formateur a rappelé que la transformation numérique demeure une réelle opportunité en ce sens qu’elle permet une amélioration de la relation client, une optimisation des coûts, une fluidification du traitement des opérations ainsi qu’un renforcement de la conformité réglementaire. Mais, mal maîtrisée, prévient-il, elle élargit mécaniquement la surface d’attaque des institutions. L’interconnexion croissante avec des prestataires externes constitue à cet égard un point d’attention particulier. « Cela pose aujourd’hui la question du renforcement de la protection des données clients, du renforcement de la gestion des systèmes d’information, à la fois en interne, mais aussi dans les interconnexions qu’on peut avoir avec des prestataires », a-t-il fait savoir.

En outre, sur le plan réglementaire, les institutions financières de la zone UEMOA doivent répondre aux exigences de la BCEAO pour le secteur bancaire, de l’AMF-UMOA pour la bourse et la gestion d’actifs, et de la CIMA pour les assureurs. Autant d’impératifs qui, selon le formateur, font de la cybersécurité non plus une option, mais une obligation de gouvernance.

Les microfinances, un maillon exposé

Le séminaire s’est penché de près sur le cas des institutions de microfinance (IMF), indûment jugées moins vulnérables que les banques commerciales. Eric Niamien a démonté ce préjugé en s’appuyant sur des cyberattaques documentées en RDC et au Kenya. Ces incidents y ont ébranlé la confiance des clients, provoqué des retraits massifs de dépôts et, par conséquent, asphyxié la capacité de financement des IMF.

L’expert a rappelé que le cadre légal n’épargne pas ces structures : « Les activités des microfinances sont tout aussi réglementées, même si l’exigence est parfois moindre par rapport aux banques. Elles font face à une obligation stricte de confidentialité pour protéger les données de leurs clients. Elles ne peuvent se soustraire ni à ce devoir, ni à l’impératif de gestion du risque cyber. » Selon lui, la gouvernance des institutions financières doit désormais trancher un arbitrage crucial : assumer le coût d’un dispositif de protection adéquat (audits, contrôles, tests de vulnérabilité) ou s’exposer à des pertes financières significatives en restant sans défense..

Fondé en 2018, Beryl Consulting opère depuis trois bureaux régionaux : Abidjan pour l’Afrique subsaharienne francophone, Lagos pour l’Afrique de l’Ouest anglophone et récemment Kigali pour l’Afrique de l’Est (couvrant notamment le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, la RDC et le Burundi).

Le cabinet Beryl Consulting structure son offre autour de trois piliers : la stratégie et les transactions, l’efficacité opérationnelle, la gestion des risques et de la conformité. A travers le continent, Beryl Consulting  accompagne avec pertinence de grandes institutions financières africaines comme les groupes CORIS, ECOBANK, UBA, NSIA, SONAR, BGFI Bank, SANLAM…

Par Léon Yougbaré

2 Commentaires

  1. Séminaire très riche d’enseignements et de partage mais aussi d’apprentissage pratique en matière de transformation digitale.
    Merci encore à BERYL Consulting.

    Je vous recommande….

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