Le Nigeria renoue avec une performance pétrolière qu’il n’avait plus enregistrée depuis plusieurs mois. En mai 2026, la production moyenne quotidienne de pétrole brut du pays a atteint 1,53 million de barils par jour (bpj), contre 1,489 million de bpj en avril, selon le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Cette progression de 41 000 barils par jour, soit une hausse de 2,8 % sur un mois, permet au premier producteur africain de brut de dépasser son quota de production fixé par l’OPEP pour la première fois depuis la mi-2025. Une évolution qui pourrait contribuer à renforcer les recettes pétrolières du pays dans un contexte où les finances publiques restent fortement dépendantes des revenus issus des hydrocarbures.
Cette performance intervient alors même que la production globale des pays membres de la Déclaration de coopération (DoC) a reculé. L’OPEP indique que la production totale du groupe a atteint en moyenne 33,13 millions de barils par jour en mai, soit une baisse de 190 000 barils par jour par rapport au mois précédent.
Le retour du Nigeria au-dessus de son quota marque une étape importante pour l’industrie pétrolière nationale, longtemps confrontée à des difficultés structurelles. Ces dernières années, le pays a peiné à respecter ses objectifs de production en raison du vol de pétrole brut, du vandalisme des oléoducs, du manque d’investissements dans l’amont pétrolier et de diverses perturbations opérationnelles.
La dernière fois que le Nigeria avait dépassé son quota remonte à juillet 2025, avec une production moyenne de 1,507 million de barils par jour. En juin de la même année, celle-ci s’établissait à 1,505 million de barils par jour.
Selon plusieurs observateurs du secteur, les mesures prises par le gouvernement fédéral pour renforcer la sécurité des infrastructures pétrolières et encourager les investissements commencent à produire des résultats. Cette dynamique a permis au pays de consolider sa position de premier producteur africain de pétrole brut.
Les données de l’OPEP montrent en effet que le Nigeria conserve une avance confortable sur plusieurs producteurs du continent. En mai, la Libye a produit 1,30 million de barils par jour, l’Algérie 982 000 barils, le Congo 283 000 barils et le Gabon 210 000 barils.
Au-delà des performances du secteur énergétique, cette hausse de la production pourrait avoir des répercussions positives sur l’économie nigériane. Une augmentation durable des volumes extraits est susceptible d’améliorer les recettes budgétaires, de soutenir les entrées de devises étrangères et de renforcer les réserves extérieures du pays.
Pour 2026, le gouvernement nigérian affiche des ambitions élevées avec un objectif de production de 2,6 millions de barils par jour. Toutefois, les prévisions budgétaires ont été établies sur une hypothèse plus prudente de 1,8 million de barils quotidiens, témoignant des incertitudes qui continuent de peser sur le secteur.
Par Amhed Coulibaly


