Le marché des produits pétroliers au Sahel accueille un nouvel acteur de poids. Le groupe public algérien Sonatrach a commencé, le 15 août 2026, ses premières livraisons de carburant d’aviation Jet A1 au Niger. Une opération qui inaugure une nouvelle route d’approvisionnement entre l’Algérie et le Niger et traduit les ambitions croissantes d’Alger sur les marchés énergétiques de la région.
Les premières livraisons sont effectuées depuis la raffinerie d’Adrar (RA1D), dans le sud de l’Algérie, à destination du marché nigérien. Elles interviennent dans le cadre d’un contrat de vente et d’achat conclu entre Sonatrach et la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), entreprise publique chargée notamment de l’approvisionnement du Niger en hydrocarbures.
Pour Sonatrach, cette opération marque le démarrage effectif de la coopération commerciale directe avec la SONIDEP. Au-delà de l’approvisionnement du Niger en Jet A1, le groupe algérien inscrit cette opération dans sa stratégie de renforcement des échanges économiques et énergétiques avec les pays africains, particulièrement ceux du Sahel.
Le groupe affiche ainsi sa volonté de développer des relations commerciales directes avec les compagnies pétrolières et gazières africaines. À terme, l’expérience nigérienne pourrait ouvrir la voie à des approvisionnements réguliers en produits pétroliers algériens vers d’autres marchés sahéliens, notamment les pays enclavés.
Pour le Niger, l’arrivée du Jet A1 algérien permet surtout de diversifier les sources d’approvisionnement en carburant d’aviation. Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse cependant le seul marché nigérien : il s’agit de renforcer progressivement son empreinte commerciale dans une région où les besoins en produits pétroliers restent importants.
Les livraisons de Jet A1 interviennent d’ailleurs dans un contexte d’approfondissement des relations entre Sonatrach et la SONIDEP. Le 14 août 2026, soit un jour avant le démarrage des livraisons de carburant d’aviation, les deux entreprises ont chargé leur première cargaison commune de brut nigérien Meleck depuis le terminal pétrolier de Sèmè, au Bénin.
Les relations entre les deux groupes se développent ainsi sur deux fronts : la commercialisation internationale du pétrole brut produit au Niger et l’approvisionnement du marché nigérien en produits pétroliers raffinés.
Cette dynamique pourrait également s’étendre à d’autres produits. Le distributeur public algérien Naftal a notamment discuté de possibilités d’approvisionnement du Niger en essence sans plomb, en Jet A1 et en gaz de pétrole liquéfié (GPL).
L’Algérie regarde également au-delà du Niger. Des perspectives de coopération dans le domaine des produits pétroliers ont notamment été explorées avec le Burkina Faso, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant d’Alger pour les marchés énergétiques sahéliens.
Par Drissa Ouattara


