Le Ghana veut davantage tirer profit de sa production aurifère. Le Ghana Gold Board (GoldBod) a décidé d’imposer le raffinage local de tout l’or produit artisanalement et destiné à l’exportation, renforçant ainsi sa volonté de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée générée par le secteur.
La nouvelle directive, émise le 24 août 2026 par la Direction de la conformité de GoldBod, entrera en vigueur le 1er septembre 2026. Elle concerne les agrégateurs autofinancés (SFA) qui achètent de l’or dans le cadre d’accords conclus avec des acheteurs approuvés.
À compter de cette date, aucun doré d’or ne pourra être exporté du Ghana sous sa forme non raffinée. Les SFA devront s’assurer que le métal est traité dans une raffinerie approuvée ou désignée par GoldBod avant de solliciter une autorisation d’exportation.
Cette nouvelle obligation s’applique aussi bien aux nouveaux accords de reprise qu’aux contrats existants. GoldBod exige que ces derniers soient modifiés au plus tard le 31 août 2026 afin d’y intégrer une clause imposant le raffinage local du doré avant son exportation.
Le coût de cette opération sera supporté par la SFA ou par son investisseur agréé, selon les modalités prévues dans leur accord commercial. Les frais de raffinage devront être réglés avant l’exportation de l’or raffiné.
GoldBod renforcera également son contrôle sur le processus. L’organisme ne traitera une demande d’exportation qu’après avoir vérifié que l’or a effectivement été raffiné au Ghana, que les frais correspondants ont été acquittés et que les exigences en matière de tests, de réglementation et d’exportation ont été respectées.
La mesure s’inscrit dans le cadre de la Ghana Gold Board Act 2025 (Act 1140), qui a élargi les prérogatives de GoldBod en matière d’achat, de vente, de raffinage, de valorisation et d’exportation de l’or.
À travers cette réforme, le Ghana cherche à conserver davantage de valeur sur son territoire. Le raffinage local doit permettre au pays de ne plus se limiter à l’exportation d’un produit faiblement transformé, mais de développer davantage d’activités au sein de la chaîne de valeur aurifère.
Cette orientation intervient alors que le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, renforce son contrôle sur le commerce du métal précieux. GoldBod, créé pour réorganiser le système de commercialisation de l’or et accroître la participation de l’État au marché formel, dispose désormais d’un rôle central dans la supervision des exportations.
La nouvelle directive donne notamment à l’organisme la possibilité de déterminer les raffineries devant être utilisées et d’émettre des instructions supplémentaires concernant le processus de traitement du métal.
Les SFA qui ne respecteront pas ces nouvelles exigences s’exposent à des sanctions réglementaires, le respect de la directive faisant partie de leurs conditions de licence. GoldBod pourra notamment refuser ou suspendre les autorisations d’exportation, suspendre ou révoquer des licences, imposer des sanctions administratives ou prendre toute autre mesure prévue par la législation ghanéenne.
Par Amhed Coulibaly


