UMOA : le bénéfice net des banques et établissements financiers atteint 1 252 milliards FCFA en 2025, en hausse de 25,5 %

À fin décembre 2025, l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) comptait 161 établissements de crédit agréés, contre 160 un an plus tôt, selon les statistiques de la Commission bancaire de l’UMOA. Cet ensemble se compose de 136 banques et de 25 établissements financiers à caractère bancaire. Au-delà de cette quasi-stabilité du nombre d’acteurs, l’exercice 2025 se caractérise par une expansion vigoureuse des bilans, une amélioration de la qualité des portefeuilles et une rentabilité en nette progression, dans un secteur dont la solvabilité continue de se renforcer au-delà des normes prudentielles en vigueur.

Le nombre d’établissements bancaires d’importance systémique (EBIS) nationaux, c’est-à-dire les banques dont la défaillance pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie d’un pays donné, est passé de 27 en 2024 à 33 en 2025, tandis que les EBIS régionaux, dont la portée systémique dépasse les frontières nationales, restent stables à 7. Les groupes bancaires ont légèrement progressé, passant de 34 à 35 unités.

Le paysage des compagnies financières, structures qui contrôlent des filiales bancaires ou financières, s’est également étoffé. Leur nombre est, en effet, passé de 18 à 21, dont 17 compagnies financières holding (contre 14 en 2024) et 4 compagnies financières holding intermédiaires, un chiffre resté stable en un an.

Des indicateurs d’activité en forte hausse

Le total de bilan cumulé des établissements de crédit de l’Union s’est établi à 82 298,8 milliards FCFA en 2025, en progression de 14,1 % sur un an. Les crédits accordés à la clientèle ont atteint 38 731,6 milliards FCFA, en hausse de 5,5 %, tandis que les dépôts et emprunts collectés ont bondi de 16 %, à 56 200,2 milliards FCFA. L’analyse montre une dynamique de collecte de ressources nettement plus rapide que celle de la distribution de crédit. Les fonds propres nets du secteur se sont également renforcés de 11,9 %, pour s’établir à 7 765,8 milliards FCFA.

Sur le plan de la rentabilité, le produit net bancaire, qui mesure la marge dégagée par les établissements sur leurs activités d’intermédiation et de services, a progressé de 8 %, à 3 860,2 milliards FCFA.

Le résultat brut d’exploitation a crû de 11,1 %, à 1 777,8 milliards FCFA, et le résultat net cumulé du secteur a bondi de 25,5 %, pour atteindre 1 252,1 milliards FCFA, une progression nettement supérieure à celle du produit net bancaire, signe d’une meilleure maîtrise des charges et des coûts du risque.

Amélioration de la qualité du portefeuille et de la rentabilité

Les ratios caractéristiques du secteur confirment cette tendance positive. Le taux net de dégradation du portefeuille, qui mesure la part des créances en souffrance dans l’encours total de crédits, est revenu à 4 %, contre 4,1 % en 2024, tandis que le taux de provisionnement de ces créances s’est amélioré, passant de 58,4 % à 58,9 %.

La marge globale s’est, en revanche, légèrement contractée, de 5,1 % à 4,7 %, dans un contexte de hausse plus rapide des ressources que des emplois rémunérateurs. Le coefficient net d’exploitation, qui rapporte les charges générales d’exploitation au produit net bancaire et traduit l’efficience opérationnelle des établissements, s’est amélioré, passant de 58,2 % à 57 %. Enfin, la rentabilité des fonds propres (ROE) a progressé de 14,4 % à 16,1 %, et la rentabilité des actifs (ROA) de 1,4 % à 1,5 %.

Les fonds propres effectifs des établissements de crédit ont atteint 6 111,3 milliards FCFA, en hausse de 10,7 %, tandis que les actifs pondérés par les risques (APR) ont progressé plus modérément, de 4,4 %, à 39 167,2 milliards FCFA.

Il en résulte un ratio de solvabilité total de 15,6 %, contre 14,7 % en 2024, largement au-dessus de la norme réglementaire de 11,5 %. Le ratio de levier, qui rapporte les fonds propres au total des expositions non pondérées, s’est également renforcé, à 7,4 %, contre 6,8 % en 2024, pour une norme fixée à 3 %.

Compagnies financières : une dynamique contrastée

Le compartiment des compagnies financières, qui regroupe les structures consolidant des activités bancaires et financières à l’échelle de groupes, affiche un total de bilan de 60 289,5 milliards FCFA, en progression de 14,1 % sur un an.

Les prêts et créances à la clientèle ont crû de 6 %, à 25 214,9 milliards FCFA, et les dettes à l’égard de la clientèle de 13,9 %, à 41 865,4 milliards FCFA. Les capitaux propres ont bondi de 22,2 %, à 5 218,9 milliards FCFA, et le produit net bancaire de 11,2 %, à 3 449,1 milliards FCFA.

Le résultat net consolidé a atteint 923,7 milliards FCFA, en hausse de 19,7 %, dont 664,8 milliards FCFA de résultat net part du groupe (+22,9 %) et 258,8 milliards FCFA revenant aux intérêts minoritaires (+12,4 %).

Ce compartiment présente toutefois un profil prudentiel moins favorable que celui des établissements de crédit pris individuellement. En effet, les fonds propres effectifs des compagnies financières ont reculé de 6,4 %, à 4 666,6 milliards FCFA, et leurs actifs pondérés par les risques ont diminué de 9,2 %, à 31 243,6 milliards FCFA. Le ratio de solvabilité s’établit néanmoins à 14,9 %, contre 14,5 % en 2024, tandis que le ratio de levier s’est replié, de 11,7 % à 9,4 %.

Côte d’Ivoire, Sénégal et Burkina : le trio de tête des places bancaires

Le classement des pays de l’UMOA selon le total de bilan de leurs banques confirme la forte concentration du secteur autour des trois principales économies de l’Union.

La Côte d’Ivoire arrive en tête avec 31 198,6 milliards FCFA, soit 37,9 % du total sous-régional, suivie du Sénégal avec 15 783,2 milliards FCFA (19,2 %). Le Burkina Faso occupe la troisième place avec 10 251,4 milliards FCFA, soit 12,5 % du total.

Ensuite vient le Mali, dont le total de bilan des banques atteint 9 076,2 milliards FCFA, représentant 11 % du total de la sous-région. Le Bénin ferme le top 5 avec un total de bilan de 7 607,6 milliards FCFA, représentant un poids de 9,2 % de l’Union.

Avec un total de bilan de 5 440,3 milliards FCFA, représentant 6,6 % du total sous-régional, le Togo occupe la sixième position, suivi du Niger (2 429,8 milliards FCFA, 3 %) et de la Guinée-Bissau (511,6 milliards FCFA, 0,6 %).

Par Léon Yougbaré

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