Industrie : La raffinerie Dangote engrange 1,82 milliard de dollars de bénéfice net au premier semestre 2026

La raffinerie de pétrole Dangote affiche un spectaculaire redressement de sa rentabilité au premier semestre 2026. La plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique a enregistré un bénéfice net de 1,82 milliard de dollars, contre une perte de 476 millions de dollars sur la même période de 2025. Cette amélioration intervient alors que l’entreprise a simultanément accru sa production et ses ventes et réduit son endettement.

Selon son prospectus d’introduction en Bourse, la raffinerie de pétrole Dangote et les activités pétrochimiques de Dangote avaient une dette garantie totale de 5,67 milliards de dollars à fin juin 2026, contre 6,24 milliards de dollars à fin décembre 2025, soit une diminution d’environ 570 millions de dollars en six mois.

Cette amélioration de la structure financière accompagne une forte progression de l’activité. Le chiffre d’affaires de la raffinerie a bondi de 121,4 %, pour atteindre 19,13 billions de nairas au premier semestre 2026, contre 8,64 billions de nairas un an plus tôt.

La performance opérationnelle s’est également fortement améliorée. L’EBITDA a atteint 2,60 milliards de dollars, tandis que le bénéfice brut s’est établi à 3,432 billions de nairas, contre seulement 225,195 milliards de nairas au premier semestre 2025. Cette progression montre notamment la montée en puissance des capacités de production et l’amélioration des marges de raffinage.

La marge brute de raffinage s’est ainsi établie à 24,50 dollars par baril au premier semestre 2026, contre 13,70 dollars en 2025 et 10,70 dollars en 2024. Après un démarrage de l’année avec une utilisation d’environ 45 % de ses capacités, la raffinerie a progressivement atteint une utilisation complète de son unité de distillation du brut au deuxième trimestre.

La hausse de la production s’est accompagnée d’une forte progression des volumes commercialisés. Les ventes d’essence ont atteint environ 6,06 millions de tonnes métriques, contre 3,09 millions un an auparavant, tandis que le prix moyen réalisé est passé de 723 à environ 975 dollars la tonne. Les ventes de diesel ont progressé à 2,86 millions de tonnes, contre 1,76 million, avec un prix moyen passant de 688 à 1 225 dollars la tonne. Pour le carburant destiné à l’aviation, les volumes vendus ont atteint environ 3,02 millions de tonnes, contre 2,06 millions, tandis que le prix moyen est passé de 663 à 1 092 dollars la tonne.

Cette montée en puissance permet à la raffinerie de traiter désormais jusqu’à 700 000 barils de pétrole brut par jour. L’installation, dont la valeur est estimée à environ 20 milliards de dollars, entend encore accroître considérablement ses capacités. Dangote prévoit ainsi une expansion de 14,3 milliards de dollars afin de porter sa capacité de traitement à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029, soit un doublement de sa capacité actuelle.

L’entreprise assure que cette nouvelle phase d’expansion ne constitue pas un besoin immédiat de financement, laissant entendre que la génération de liquidités par les activités actuelles et l’amélioration de sa situation financière doivent lui permettre de soutenir cette croissance.

Le redressement financier intervient par ailleurs à quelques jours d’une opération majeure sur le marché financier nigérian. Dangote Petroleum Refinery prévoit de lever environ 1,6 milliard de dollars à travers son introduction en Bourse, avec la mise en vente de 4,1 milliards d’actions ordinaires à 525 nairas l’unité. L’opération pourrait être augmentée de 30 % en fonction de la demande des investisseurs et sous réserve de l’approbation de la Securities and Exchange Commission du Nigeria, portant potentiellement les fonds levés à environ 2,1 milliards de dollars.

L’introduction en Bourse, prévue à partir du 14 septembre 2026 sur la Nigerian Exchange Limited, intervient donc dans un contexte particulièrement favorable pour le groupe. En l’espace de quelques mois, la raffinerie est passée d’une situation déficitaire à une forte génération de bénéfices, tout en réduisant sa dette et en augmentant ses volumes de production et de ventes.

Par Drissa Ouattara

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