Le gouvernement ghanéen prévoit de mettre en place un Fonds consulaire pour la diaspora ghanéenne, destiné à financer rapidement les évacuations, les rapatriements et les autres interventions nécessaires lorsque des citoyens se retrouvent en situation de détresse hors du pays. L’annonce a été faite le lundi 7 septembre 2026 par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.
Le Ghana vient d’achever l’évacuation de 1 964 de ses ressortissants depuis l’Afrique du Sud, à la suite des récentes attaques xénophobes. L’opération a représenté une dépense totale de 49,72 millions de cedis ghanéens, soit 2,47 milliards de FCFA.
Sur cette enveloppe, le gouvernement ghanéen a pris en charge 33,72 millions de cedis, soit 1,67 milliard de FCFA. La société Engineers and 6 Planners, appartenant à l’homme d’affaires Ibrahim Mahama, a contribué à hauteur de 16 millions de cedis, soit 794 millions de FCFA.
Les dépenses ont notamment couvert les vols charters et les billets d’avion, les transports terrestres, les repas, l’hébergement, ainsi que les frais médicaux et d’hospitalisation. Cette opération illustre le poids financier que peuvent représenter les interventions d’urgence lorsque plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de ressortissants doivent être pris en charge à l’étranger.
Le futur Fonds consulaire doit justement permettre au Ghana de disposer de ressources dédiées pour faire face à ce type de situation. Il servira de mécanisme de financement d’urgence afin de réduire le temps nécessaire à la mobilisation des fonds lorsque la sécurité ou le bien-être de ressortissants ghanéens sont menacés.
L’initiative ne repose toutefois pas uniquement sur la récente crise en Afrique du Sud. Depuis 2025, le Ghana a rapatrié 4 972 ressortissants confrontés à différentes situations de détresse à l’étranger. La Libye représente la plus grande part de ces opérations, avec 3 807 personnes rapatriées. Le pays a également procédé au retour de 440 Ghanéens depuis la Côte d’Ivoire, de 246 depuis le Nigeria et de 244 depuis le Cambodge, ainsi que de plusieurs dizaines d’autres ressortissants depuis l’Algérie, le Koweït, la Sierra Leone, Maurice, le Maroc et l’Irak.
La multiplication de ces opérations renforce donc la nécessité pour Accra de disposer d’un dispositif financier permanent. Plutôt que de rechercher des ressources au cas par cas, le gouvernement veut ainsi se doter d’une enveloppe mobilisable rapidement pour répondre aux crises touchant ses citoyens à l’étranger.
Le ministre des Affaires étrangères estime que ce mécanisme permettra de renforcer la capacité du Ghana à protéger ses ressortissants, tout en assurant la prise en charge des évacuations et des services consulaires nécessaires en période de crise. Le Fonds doit ainsi devenir un outil durable de financement de l’assistance aux Ghanéens vivant ou voyageant hors du pays.
Par Bernadette W. Gansonré
Taux de conversion : 1 cedi = 49,64 FCFA


