L’État du Niger détiendra désormais 40 % du projet d’uranium de Madaouela, contre 10 % dans la configuration précédente. La convention a été signée le mercredi 23 septembre 2026 par le ministre des Mines, le Commissaire-Colonel Abarchi Ousmane, et Hoskins Philip Ross, directeur général de MAMICO SA/GoviEx, représentant Atomic Eagle et Madaouela Mining Company.
Cette nouvelle répartition modifie sensiblement la configuration économique du projet. Avec une participation portée de 10 % à 40 %, l’État nigérien disposera d’une présence accrue dans les intérêts du projet, en plus des revenus qui pourront découler de l’exploitation et de la fiscalité minière.
La convention prévoit par ailleurs le versement immédiat à l’État d’une redevance forfaitaire de 10 millions de dollars, soit 6 milliards de FCFA. Elle comprend également des engagements destinés à renforcer les capacités de l’administration minière et à soutenir le développement local.
Le Niger entend, d’ailleurs, tirer davantage de retombées économiques du développement de Madaouela. Le projet devrait générer environ 1 000 emplois, notamment au bénéfice des jeunes Nigériens.
Les entreprises nationales doivent également bénéficier de la demande générée par l’exploitation. La convention accorde en effet une priorité aux sociétés locales pour la fourniture de biens et de services, conformément aux exigences en matière de contenu local.
Le ministre a indiqué que cet aspect constitue l’un des principaux enjeux du projet. Pour lui, il s’agit en effet de faire du contenu local un levier de formation, de transfert de compétences et de création d’un écosystème d’entreprises.
Atomic Eagle conserve le contrôle opérationnel
Malgré la hausse de la participation publique, Atomic Eagle reste l’actionnaire majoritaire avec 60 % et conserve la responsabilité opérationnelle du projet. La société prévoit désormais de mobiliser des investissements et des financements internationaux afin de permettre le développement de Madaouela.
Selon son directeur général, Hoskins Philip Ross, la nouvelle convention apporte le cadre juridique, fiscal et opérationnel nécessaire pour engager les décisions d’investissement à long terme et faciliter la mobilisation de financements internationaux.
Une nouvelle configuration après le différend avec GoviEx
Cette nouvelle convention intervient après le retour du permis de grande exploitation d’uranium Madaouela I dans le domaine public de l’État nigérien, en juillet 2024. La décision avait entraîné un différend avec GoviEx, ancien détenteur du permis, qui avait engagé une procédure d’arbitrage international.
Des discussions techniques, juridiques et économiques ont ensuite conduit à la recherche d’une nouvelle configuration permettant la reprise du projet tout en préservant les intérêts de l’État. Le Conseil des ministres a finalement approuvé, le 21 août 2026, la réattribution du permis Madaouela I à MAMICO.
Cette décision a ainsi permis d’aboutir à la nouvelle convention minière signée le 23 septembre 2026, qui fixe la participation de l’État du Niger à 40 % du projet, contre 60 % pour Atomic Eagle, chargée d’en assurer le contrôle opérationnel.
Présenté par MAMICO comme un vaste gisement d’uranium non exploité, le projet de Madaouela est appelé à contribuer aux recettes fiscales, aux redevances, à l’emploi et au développement des communautés locales.
Par Bernadette W. Gansonré


