Le déploiement intégral de TRAFFITECH-GH, le système automatisé de contrôle des infractions routières au Ghana, est reporté au 1er novembre 2026. Initialement prévue le 1er octobre, sa mise en œuvre a été décalée d’un mois par la police afin de renforcer l’information des usagers avant l’entrée en vigueur effective du dispositif.
Cette période supplémentaire doit permettre de mieux expliquer aux automobilistes le fonctionnement de TRAFFITECH-GH, les infractions susceptibles d’être détectées ainsi que le mécanisme de notification électronique des contraventions. Les conducteurs et les propriétaires de véhicules sont invités à mettre ce délai à profit pour se familiariser avec le nouveau système.
Le programme repose sur des caméras et des capteurs capables de détecter et d’enregistrer automatiquement certaines infractions, notamment les excès de vitesse et le franchissement des feux rouges. Des appareils portables utilisés par les agents de police complètent également le dispositif. Les infractions détectées sont examinées avant l’émission d’un Electronic Notice of Violation (ENV), transmis par SMS.
Des contraventions envoyées par SMS
L’ENV précise notamment le numéro de la contravention, le lieu, la date et l’heure de l’infraction, le numéro d’immatriculation du véhicule, la nature de la violation, le montant à payer et la date limite de règlement. Pour les infractions détectées par caméra, la notification est adressée au propriétaire enregistré du véhicule, qui reste responsable de la contravention, même lorsque le véhicule était conduit par une autre personne. Lorsqu’une infraction est constatée directement par un agent à l’aide d’un appareil portable, l’avis peut être adressé au conducteur.
Les automobilistes qui souhaitent contester une contravention disposent de 14 jours à compter de sa date d’émission pour engager la procédure. La police recommande par ailleurs de vérifier l’expéditeur des SMS : les notifications officielles doivent provenir de l’identifiant GPS-MTTD. Les usagers sont également invités à effectuer leurs paiements uniquement par les canaux gouvernementaux officiels, afin d’éviter les tentatives d’escroquerie.
Des sanctions renforcées pour les récidivistes
TRAFFITECH-GH accompagne l’entrée en application du nouveau cadre réglementaire routier ghanéen, notamment le Road Traffic Regulations, 2026 (L.I. 2519). La réglementation fixe les amendes en unités de pénalité, une unité correspondant à 12 GH¢, soit environ 595 FCFA.
Pour certaines infractions relevées par les dispositifs automatisés, le montant des amendes augmente en cas de récidive. Les trois premières infractions sont sanctionnées de 10 unités, soit 5 950 FCFA. La quatrième entraîne une amende de 15 unités, soit 8 924 FCFA, tandis que la cinquième est sanctionnée de 20 unités, soit 11 899 FCFA.
À partir d’une sixième infraction commise sur une période de 24 mois, le contrevenant peut faire l’objet de poursuites judiciaires ainsi que d’une suspension ou d’un retrait de son permis de conduire pour une durée minimale de 12 mois, avec une obligation de suivre une formation et de passer un nouvel examen.
Jusqu’à 118 992 FCFA pour certaines infractions
Pour certaines infractions courantes, les amendes peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers, voire plus de 100 000 FCFA.
L’utilisation d’un téléphone portable au volant peut ainsi entraîner une amende allant jusqu’à 50 unités, soit 29 748 FCFA, ainsi qu’une peine pouvant aller jusqu’à trois mois d’emprisonnement, ou les deux. La conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues est passible de 50 à 200 unités, soit 29 748 à 118 992 FCFA, avec une peine pouvant atteindre 40 mois d’emprisonnement, ou les deux.
Le franchissement d’un feu rouge est sanctionné de 10 à 30 unités, soit 5 950 à 17 849 FCFA, avec une peine pouvant aller jusqu’à 30 jours d’emprisonnement. Pour les excès de vitesse, la sanction peut atteindre 25 unités, soit 14 874 FCFA, avec également une possibilité d’emprisonnement allant jusqu’à 30 jours.
Les nouvelles règles concernent aussi les autres usagers de la route. Les piétons qui traversent en dehors des passages prévus ou n’utilisent pas les passerelles peuvent être sanctionnés d’une amende pouvant atteindre 5 unités, soit 2 975 FCFA. Le commerce ambulant ou le fait de prêcher dans un bus ou un trotro en mouvement peut entraîner une amende allant jusqu’à 50 unités, soit 29 748 FCFA.
Les opérateurs non autorisés de services de moto-taxi, notamment les « okada » et « aboboyaa », encourent quant à eux une amende comprise entre 50 et 100 unités, soit 29 748 à 59 496 FCFA, une peine d’emprisonnement de huit à 24 mois, ou les deux.
Le report au 1er novembre donne ainsi aux usagers ghanéens un mois supplémentaire pour prendre connaissance des nouvelles règles avant le passage à une application intégrale du contrôle automatisé. Le ministère des Transports mène parallèlement une campagne nationale de sensibilisation sur le nouveau cadre réglementaire, qui prévoit notamment le recours aux caméras de vitesse et aux caméras de détection du franchissement des feux rouges.
Par Bernadette W. Gansonré


