Les compagnies aériennes africaines ont enregistré une progression de 14 % de leur capacité de fret aérien en août 2026, en glissement annuel, soit la plus forte augmentation parmi les régions suivies par l’Association internationale du transport aérien (IATA).
Dans son rapport mensuel sur le marché mondial du fret aérien publié pour août 2026, l’IATA souligne que le continent se distingue par la dynamique de son offre, alors que la demande mondiale poursuit sa progression malgré la hausse des coûts du carburant. Les compagnies aériennes africaines ont ainsi renforcé leurs capacités disponibles dans un contexte où les volumes de fret transportés évoluent à un rythme plus modéré.
À l’échelle mondiale, la demande de fret aérien, mesurée en tonnes-kilomètres de fret (CTK), a progressé de 4,4 % par rapport à août 2025. Sur les liaisons internationales, cette croissance atteint 5,3 %. En revanche, la capacité mondiale disponible, mesurée en tonnes-kilomètres de fret disponibles (ACTK), a légèrement reculé de 0,1 %, tandis que celle des opérations internationales a augmenté de 0,1 %.
Cette évolution contraste avec la situation africaine, où la capacité a progressé de 14 % pour une demande en hausse de seulement 3 %. L’écart entre ces deux indicateurs montre une augmentation de l’offre de transport qui dépasse largement celle des volumes acheminés.
Les performances des autres régions mettent en évidence des dynamiques contrastées. Les compagnies aériennes nord-américaines ont enregistré la plus forte croissance de la demande, à 6,6 %, alors que leur capacité a diminué de 2,5 %. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la demande a progressé de 5,1 %, contre une hausse de 3,3 % de la capacité. Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont affiché une croissance respective de 4,3 % et 1,2 %. En Europe, la demande a augmenté de 4,1 %, tandis que la capacité a reculé de 3,5 %. Au Moyen-Orient, la demande a enregistré la progression la plus faible, à 1 %, pour une capacité en hausse de 3,3 %.
La progression du marché mondial intervient dans un environnement marqué par des coûts opérationnels élevés. Les prix du carburant pour avions ont augmenté de 8,3 % en août et se situaient 79,2 % au-dessus de leur niveau d’août 2025. Malgré cette pression, la demande soutenue et l’amélioration des coefficients de remplissage ont permis aux compagnies aériennes de compenser une partie de l’impact de ces dépenses.
« La demande de fret aérien a augmenté de 4,4 % en glissement annuel en août, toutes les régions ayant rapporté une croissance alors que la capacité a été réduite de 0,1 %. La forte demande et les taux de charge plus élevés ont permis aux compagnies aériennes de récupérer une partie des coûts exceptionnellement élevés du carburant », a déclaré Marie Owens Thomsen, vice-présidente principale du développement durable et économiste en chef de l’IATA.
L’organisation relève également des signaux favorables du côté des échanges commerciaux. Le commerce mondial a progressé de 6 % en juillet 2026 sur un an, prolongeant à 33 mois consécutifs sa série d’expansions mensuelles. Parallèlement, l’indice mondial des directeurs d’achat (PMI) de la production manufacturière a gagné 0,3 point, à 53,0, tandis que celui des nouvelles commandes à l’exportation a progressé de 1,4 point, à 51,4.
Les rendements du fret aérien ont également augmenté d’un mois sur l’autre pour la première fois depuis avril. Pour l’économiste en chef de l’IATA, ces évolutions constituent des indicateurs encourageants à l’approche de la haute saison du transport aérien de marchandises en fin d’année.
Sur le continent africain, les performances d’août s’inscrivent dans une année marquée par des fluctuations importantes de la demande et des capacités disponibles. En juillet 2026, la demande de fret des compagnies africaines avait progressé de 1,1 % sur un an, tandis que la capacité avait augmenté de 4,1 %. En juin, les transporteurs africains avaient été les seuls au monde à enregistrer une contraction de leur capacité, avec un recul de 7,1 %, malgré une hausse de 4,7 % de la demande.
La dynamique avait été plus favorable en mai, avec une progression de 13,3 % de la demande et de 1,3 % de la capacité. En avril, la demande avait augmenté de 7,7 %, alors que les capacités disponibles avaient diminué de 9,4 %. En mars, la croissance de la demande avait atteint 7 %, dans un contexte de repli de 4,8 % du marché mondial. En février, elle avait bondi de 21 %, portée notamment par une progression de 61,9 % sur le corridor commercial Afrique-Asie.
Par Amhed Coulibaly


