Le Ghana a enregistré un excédent commercial de 8,80 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, contre 6,69 milliards de dollars sur la même période en 2025, soit une progression de 31,5 %. Cette amélioration s’explique par la forte croissance des recettes d’exportation, notamment celles de l’or et du pétrole brut, qui ont progressé plus rapidement que les importations. Selon les données de la Banque du Ghana, les exportations totales ont atteint 22,39 milliards de dollars à fin août 2026, contre 17,94 milliards de dollars un an plus tôt, en hausse de 24,8 %.
L’or demeure le principal moteur de cette performance commerciale. Les recettes tirées de ses exportations ont progressé de 32,9 % pour atteindre 14,86 milliards de dollars sur les huit premiers mois de l’année. Cette évolution s’explique essentiellement par l’augmentation des prix sur les marchés internationaux. Le prix moyen réalisé de l’once fine a ainsi bondi de 44 %, à 4 374,65 dollars, dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques et financières qui renforcent l’attrait du métal précieux comme valeur refuge.
Cette hausse des cours a toutefois été accompagnée d’un recul des volumes exportés. Les expéditions d’or ont diminué de 7,7 %, passant de 115,08 tonnes entre les huit premiers mois de 2025 et la même période de 2026. Selon les données rapportées, cette contraction est notamment liée aux perturbations des expéditions survenues au début du conflit au Moyen-Orient. La progression des recettes aurifères repose donc principalement sur l’effet favorable des prix, malgré la baisse des quantités exportées.
Le pétrole brut a également contribué au renforcement de l’excédent commercial ghanéen. Les recettes issues de ses exportations ont augmenté de 32,8 % pour s’établir à 2,42 milliards de dollars, contre 1,83 milliard de dollars sur la même période en 2025. Cette performance résulte à la fois de la hausse des volumes expédiés et de l’amélioration des prix. Les exportations ont atteint 27,6 millions de barils, en hausse de 8 % par rapport aux 25,6 millions de barils enregistrés un an auparavant, notamment grâce à l’augmentation de la production du champ pétrolier Jubilee.
Parallèlement, le prix moyen réalisé du baril de pétrole brut a progressé de 23,1 %, passant de 71,25 dollars à 87,68 dollars. Cette évolution a renforcé les recettes tirées des exportations pétrolières et soutenu la balance commerciale du pays.
Les exportations de cacao et de ses produits transformés ont, pour leur part, généré 2,71 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, contre 2,47 milliards de dollars un an plus tôt, soit une progression de 9,9 %. Cette augmentation est attribuée à la combinaison de prix réalisés favorables et de volumes exportés plus importants. Le cacao reste ainsi une composante importante des recettes extérieures du Ghana, aux côtés de l’or et du pétrole brut.
En revanche, les recettes provenant des autres exportations, notamment les exportations non traditionnelles, ont reculé de 3 %, à 2,39 milliards de dollars, contre 2,46 milliards de dollars sur la même période en 2025. Cette évolution traduit une baisse des recettes dans les différentes sous-catégories concernées, limitant quelque peu la progression globale des exportations.
Sur le marché des matières premières, l’indice moyen composite pondéré des prix du cacao, de l’or et du pétrole brut a atteint 261,86 en août 2026, en hausse de 5,6 % depuis le début de l’année. Les trois composantes ont contribué à cette progression, avec une augmentation de 42,9 % pour le sous-indice du pétrole brut, de 2,1 % pour celui de l’or et de 1,5 % pour celui du cacao, selon la Banque du Ghana.
Sur un an, l’indice composite a progressé de 15,4 %, contre 20,3 % en août 2025. Ce ralentissement s’explique notamment par la contraction des prix du cacao, qui a atténué les effets de la hausse de l’or et du pétrole brut.
Par Drissa Ouattara


