Le Ghana ambitionne de construire une centrale nucléaire de 2 000 MW avec l’appui de la Russie pour soutenir son industrialisation

Le Ghana renforce ses ambitions énergétiques avec un projet de centrale nucléaire de 2 000 mégawatts (MW), développé dans le cadre d’une coopération annoncée avec la Russie. À l’issue d’échanges entre les présidents John Dramani Mahama et Vladimir Poutine, Moscou a accepté d’accompagner Accra dans la concrétisation de cette infrastructure stratégique, destinée à renforcer la sécurité énergétique et à soutenir l’industrialisation du pays.

Le Ghana entend renforcer la diversification de son mix énergétique. Le pays a obtenu l’engagement de la Russie à collaborer à la mise en place d’une centrale nucléaire d’une capacité envisagée de 2 000 MW. Cette perspective a été annoncée par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à la suite des discussions entre le président John Dramani Mahama et son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge du sommet Russie-Afrique.

Dans une déclaration relayée après ces échanges, le chef de la diplomatie ghanéenne a précisé que « la Russie a accepté de collaborer avec le Ghana pour établir une centrale nucléaire de 2 000 mégawatts afin de garantir la sécurité énergétique et d’ancrer l’industrialisation ».

Avec une capacité projetée de 2 000 MW, cette infrastructure représenterait un investissement énergétique majeur pour le Ghana. Elle pourrait renforcer considérablement les capacités nationales de production d’électricité et contribuer à répondre aux besoins croissants des ménages, des entreprises et des industries.

Au-delà de son importance énergétique, cette initiative revêt une dimension historique pour le pays. Elle remet au goût du jour une ambition portée par le premier président ghanéen, Kwame Nkrumah, qui envisageait déjà le recours à la technologie nucléaire comme un levier de transformation scientifique et industrielle du Ghana.

Plusieurs décennies après, la coopération envisagée avec Moscou pourrait ainsi donner une nouvelle impulsion à cette ambition nationale. Pour les autorités ghanéennes, le nucléaire représente notamment une possibilité de diversifier les sources de production d’électricité et de disposer d’une énergie disponible en continu, moins dépendante des conditions météorologiques que les installations solaires et hydroélectriques.

L’enjeu est particulièrement important pour l’industrialisation du pays. Les secteurs manufacturier, minier et de la transformation nécessitent des approvisionnements électriques réguliers et suffisamment compétitifs pour soutenir leurs activités. Une centrale nucléaire de cette dimension pourrait donc contribuer à sécuriser les besoins énergétiques des unités industrielles et à améliorer les conditions d’implantation de nouveaux investissements.

Cependant, la réalisation d’un projet nucléaire de 2 000 MW implique des exigences techniques, financières et institutionnelles considérables. Le Ghana devra notamment définir les conditions de financement, sélectionner le site, établir le cadre réglementaire et garantir les dispositifs de sûreté nucléaire, de protection environnementale et de gestion des déchets radioactifs. La modernisation des infrastructures de transport d’électricité constituera également un enjeu important pour assurer l’intégration de cette nouvelle capacité au réseau national.

La nature exacte de l’engagement russe reste également à préciser. Si Moscou a accepté de collaborer avec Accra, aucune information détaillée n’a encore été communiquée sur la répartition des responsabilités entre les deux pays, les modalités de financement ou les entreprises appelées à intervenir dans la réalisation du projet. L’annonce ne constitue donc pas encore un accord définitif de financement ou de construction.

Par Drissa Ouattara

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