Le Fonds monétaire international (FMI) vient de débloquer une aide d’urgence de 129 millions de dollars, soit environ 74,46 milliards de FCFA, en faveur du Mali. Ce soutien, octroyé au titre de la facilité de crédit rapide (FCR), vise à aider le pays à faire face aux conséquences économiques des inondations de 2024. Ces intempéries, qualifiées d’exceptionnelles, ont frappé le pays au second semestre, détruisant de nombreuses infrastructures, des récoltes et bouleversant la vie de milliers de familles.
Outre le financement immédiat destiné à soutenir les importations de produits essentiels et la reconstruction d’infrastructures critiques, le FMI et les autorités maliennes ont convenu d’un programme économique encadré par un accord de suivi sur 11 mois. Cet accompagnement technique, appelé SMP (Staff-Monitored Program), a pour objectif de renforcer la gouvernance budgétaire, d’améliorer la gestion des finances publiques et d’assurer une meilleure transparence dans l’utilisation des ressources.
Selon la note, le FMI précise que, les autorités maliennes se sont engagées à maintenir une discipline budgétaire stricte, à élargir l’assiette fiscale et à renforcer les régies financières. L’un des défis majeurs reste l’assainissement du secteur des entreprises publiques, notamment la société nationale d’électricité Énergie du Mali (EDM), afin d’en améliorer l’efficacité et la viabilité.
Le FMI insiste également sur la nécessité de mettre en place un plan clair pour résorber les arriérés de paiement, tant intérieurs qu’extérieurs. Ce chantier est essentiel pour redonner confiance aux créanciers et stimuler la relance économique.
Selon Kenji Okamura, Directeur général adjoint du FMI, « le Mali a été frappé par une série de chocs exogènes en 2024 : une canicule inédite en avril, suivie d’inondations d’une ampleur exceptionnelle. La combinaison de ces événements avec les réductions de l’aide publique au développement annoncées récemment accroît les pressions sur les finances publiques. »
L’institution de Bretton Woods estime que les perspectives économiques du Mali en 2025 restent incertaines, avec des risques accrus de ralentissement. Pour espérer un redressement durable, le pays devra s’attaquer à ses fragilités structurelles, rétablir la confiance des partenaires au développement, et renforcer la résilience de son économie face aux chocs climatiques et sécuritaires.
Par Amhed Coulibaly


