SIBA 2026 / Masterclass sur la titrisation : Joseph Titrisation met en lumière la titrisation comme levier de financement des entreprises

La deuxième édition du Salon International de la Bourse Africaine (SIBA), tenue à Ouagadougou les 5 et 6 juin 2026, a offert une occasion privilégiée de mettre en lumière la titrisation, l’un des instruments les plus sophistiqués du Marché Financier Régional. À cette occasion, Joseph Titrisation a animé une masterclass intitulée : « Titrisation de créances : comment transformer vos créances en liquidités pour financer votre croissance ? », réunissant chefs d’entreprise, dirigeants, cadres, entrepreneurs, investisseurs et étudiants.

Au cours de cette session, Mme Massou Yasmine Boua, Présidente-Directrice Générale de Joseph Titrisation, a présenté les principaux mécanismes de financement disponibles sur le Marché Financier Régional.

Le premier mécanisme est l’introduction en bourse (IPO), qui permet à une entreprise de mobiliser des ressources financières par l’émission d’actions. Les investisseurs deviennent alors copropriétaires de l’entreprise et bénéficient d’un droit aux dividendes en fonction de ses performances. Contrairement à un prêt, la rémunération des actionnaires dépend de la valeur créée par l’entreprise. À ce jour, la BRVM compte 47 sociétés cotées, principalement des établissements financiers et de grandes entreprises.

Le deuxième mécanisme est l’émission obligataire, qui relève du financement par la dette. Dans ce cadre, l’entreprise emprunte directement auprès des investisseurs en émettant des obligations. Les souscripteurs deviennent alors créanciers de l’émetteur et perçoivent des intérêts réguliers, appelés coupons, jusqu’au remboursement du capital à l’échéance.

Intervenant lors de la masterclass, M. Jean-Williams Kouman, Directeur des Opérations de Joseph Titrisation, a souligné que ce mode de financement demeure relativement élitiste en raison des contraintes de marché, notamment les montants minimums requis, les exigences de notation financière et les garanties souvent demandées.

Le troisième mécanisme présenté est la titrisation de créances. Également classée dans la catégorie des financements par dette, elle permet à une entreprise de mobiliser des ressources financières en cédant un portefeuille de créances à un véhicule dédié. L’entreprise obtient ainsi des liquidités immédiates adossées à des flux futurs prévisibles.

Née aux États-Unis dans les années 1970, la titrisation demeure aujourd’hui un outil de financement particulièrement pertinent. Dans l’espace UMOA, son cadre réglementaire a été mis en place en 2010, permettant aux banques, institutions de microfinance, entreprises publiques et privées de lever près de 1 200 milliards FCFA sur le Marché Financier Régional.

Une chaîne d’acteurs encadrée par la régulation

Mme Boua a également présenté l’écosystème de la titrisation, placé sous la supervision de l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), dont la mission est d’assurer la protection des investisseurs et de l’épargne publique.

Une opération de titrisation mobilise plusieurs expertises complémentaires : l’arrangeur de l’opération, la société de gestion de titrisation et le dépositaire pour la constitution du fonds, le commissaire aux comptes chargé de certifier les créances, l’agence de notation (le cas échéant), ainsi que la société de gestion et d’intermédiation en charge du placement des titres.

Mme Massou Yasmine Boua, Présidente-Directrice Générale de Joseph Titrisation

La Présidente-Directrice Générale de Joseph Titrisation est également revenue sur l’opération de titrisation réalisée au profit de la SONABHY. Elle a souligné que l’implication de l’État burkinabè, combinée à une structuration financière et juridique innovante, a permis de mobiliser 34 milliards FCFA, soit un montant supérieur aux 30 milliards FCFA initialement recherchés. L’opération s’est par ailleurs distinguée par une participation remarquable des investisseurs particuliers.

Des risques maîtrisés grâce à une structuration adaptée

La masterclass a également abordé les risques inhérents à ce type d’opération. Mme Boua a rappelé que le risque zéro n’existe pas et que la réussite d’une opération de titrisation repose sur une structuration rigoureuse menée par des experts spécialisés.

Les titres émis étant adossés à des créances généralement privées, plusieurs catégories de risques doivent être analysées et maîtrisées, notamment le risque de défaut, le risque de remboursement anticipé, le risque de dilution, le risque de taux d’intérêt et le risque de change. Pour chacun de ces risques, des mécanismes spécifiques de mitigation peuvent être mis en place afin de sécuriser les investisseurs et de garantir la solidité de l’opération.

À travers cette masterclass, Joseph Titrisation a contribué à démocratiser la compréhension d’un instrument financier encore méconnu, mais appelé à jouer un rôle croissant dans le financement de l’économie réelle et le développement des marchés financiers africains.

Par David Yaméogo

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