Burkina Faso : Souleymane Boly prend la tête de la Chambre des mines et dévoile ses priorités pour le secteur

La Chambre des mines du Burkina Faso a officiellement installé son nouveau bureau ce vendredi 12 juin 2026 à Ouagadougou. La cérémonie s’est tenue sous la présidence du ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, représenté pour l’occasion par le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Dr Amadou Dicko.

Élue lors de l’Assemblée générale du 30 avril dernier, la nouvelle équipe dirigeante est composée de 29 membres et est désormais conduite par Souleymane Boly. Chargé de poursuivre les missions de représentation et de promotion du secteur minier burkinabè, le nouveau bureau prend ses fonctions dans un contexte marqué par plusieurs défis, notamment le renforcement du contenu local, l’amélioration de la contribution des mines au développement national, la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et la cohabitation entre exploitation industrielle et artisanale.

Dans son allocution, Souleymane Boly a exprimé sa reconnaissance envers les membres de la Chambre des mines pour la confiance placée en son équipe lors de l’élection du 30 avril 2026. Il a également salué les autorités publiques et les partenaires du secteur pour leur accompagnement constant.

« Nous mesurons pleinement l’honneur qui nous a été fait ainsi que la responsabilité qui nous incombe », a-t-il déclaré, affirmant la volonté du nouveau bureau de poursuivre les acquis tout en insufflant une nouvelle dynamique à l’organisation.

Quatre priorités pour le nouveau mandat

Le nouveau président a présenté les principaux axes stratégiques qui guideront l’action de son équipe au cours des prochaines années.

La première priorité concerne la promotion du secteur minier burkinabè. Souleymane Boly entend renforcer la collaboration avec les autorités afin d’améliorer l’attractivité du Burkina Faso comme destination minière et de mieux valoriser les performances de l’industrie extractive à l’échelle régionale et internationale. Dans cette perspective, il a appelé les acteurs du secteur à se mobiliser autour de la huitième édition de la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO), prévue en septembre prochain.

Le deuxième axe porte sur le développement du capital humain. Estimant que la compétitivité de l’industrie minière repose avant tout sur les compétences de ses ressources humaines, le président de la Chambre des mines a plaidé pour un renforcement des initiatives de formation et de transfert de compétences. Il a notamment annoncé l’ambition de créer une école des métiers de la mine en partenariat avec les sociétés minières et les autorités compétentes afin de former une nouvelle génération de techniciens et de professionnels qualifiés.

La troisième priorité vise à renforcer l’alignement des actions des sociétés minières avec les priorités nationales de développement. Il a indiqué que les compagnies minières réalisent déjà de nombreux investissements communautaires dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau ou encore des infrastructures. Toutefois, ces contributions demeurent insuffisamment documentées et valorisées.

Pour y remédier, la Chambre des mines prévoit la mise en place d’un répertoire recensant l’ensemble des actions socio-économiques menées par les entreprises du secteur. Cette initiative permettra aux administrations publiques de mieux capitaliser sur ces réalisations et d’améliorer la perception du secteur auprès des populations.

Enfin, le quatrième axe concerne l’accompagnement de l’exploitation minière artisanale. Souleymane Boly a insisté sur la nécessité d’une cohabitation harmonieuse entre les mines industrielles et les artisans miniers. Il a réaffirmé l’engagement de la Chambre à soutenir les efforts du gouvernement visant à mieux structurer et encadrer l’orpaillage, tout en favorisant le dialogue et le partage des bonnes pratiques.

Souleymane Boly, Président de la Chambre des Mines

Le renforcement du contenu local figure également parmi les priorités annoncées. Pour le nouveau président, il ne doit pas être perçu uniquement comme une exigence réglementaire, mais comme un véritable levier de développement économique à travers la promotion des fournisseurs burkinabè et le renforcement des compétences nationales.

Trois ans de mandat : le bilan d’Ousséni Derra

Prenant la parole à son tour, le président sortant, Ousséni Derra, a dressé le bilan des trois années passées à la tête de la Chambre des mines.

Il a salué l’engagement des membres de son bureau et souligné les progrès enregistrés dans un contexte marqué par d’importantes évolutions du cadre réglementaire du secteur minier. Parmi les principales réalisations de son mandat figurent l’accompagnement des réformes liées au contenu local, le renforcement du dialogue entre les acteurs du secteur et les autorités publiques, ainsi que l’organisation de plusieurs cadres d’échanges sur des thématiques stratégiques.

Le président sortant a notamment cité le Forum sur le financement du contenu local organisé en 2025, le Forum des métiers de la mine la même année ainsi que plusieurs ateliers consacrés au partage d’expériences et à la promotion des bonnes pratiques dans l’industrie extractive.

À l’entendre, ces initiatives ont contribué à améliorer la visibilité du secteur minier, à renforcer la concertation entre les différentes parties prenantes et à consolider le rôle de la Chambre des mines comme force de proposition auprès des pouvoirs publics.

Avant de passer le témoin, Ousséni Derra a adressé ses félicitations à son successeur et aux membres du nouveau bureau, se disant convaincu que leur expérience permettra de poursuivre les actions engagées et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’organisation.

Représentant le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, le ministre délégué auprès du Ministre de l’Agriculture, Dr Amadou Dicko, a félicité Souleymane Boly et l’ensemble des membres du nouveau bureau pour leur élection.

Il a également rendu hommage à Ousséni Derra et à son équipe pour le travail accompli malgré un contexte national et international marqué par de nombreux défis.

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, Dr Amadou Dicko

Le représentant du gouvernement a affirmé que la Chambre des mines a joué un rôle important dans le maintien d’un dialogue constructif entre les acteurs du secteur et dans l’accompagnement des efforts de l’État en faveur d’une exploitation responsable et durable des ressources minières.

Il a rappelé que le secteur minier demeure un pilier stratégique de l’économie burkinabè et a réaffirmé la disponibilité des autorités à poursuivre le partenariat avec les opérateurs miniers.

« Ensemble, nous devons continuer à œuvrer pour une industrie minière performante, résiliente, créatrice de valeur et de bénéfices au profit des populations », a-t-il conclu.

Par Bernadette W. Gansonré

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