Afreximbank obtient la note BBB+ de S&P et consolide son statut d’acteur clé du financement du développement en Afrique

La Banque africaine d’exportation-importation, plus connue sous le nom d’Afreximbank, vient de recevoir une nouvelle marque de confiance de la part de l’agence de notation financière S&P Global Ratings. L’institution panafricaine s’est vu attribuer une note de crédit à long terme BBB+ et une note à court terme A-2, assorties d’une perspective stable.

Cette évaluation reflète, selon S&P, le rôle grandissant de la banque dans le financement du commerce, le soutien à l’industrialisation et le développement économique du continent africain. L’agence souligne notamment l’importance stratégique prise par Afreximbank ces dernières années, alors que les pays africains multiplient les initiatives visant à renforcer les échanges intra-africains dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

L’un des principaux atouts mis en avant par S&P est la capacité de la banque à intervenir comme prêteur anticyclique en période de turbulences économiques. Lorsque les banques commerciales internationales réduisent leur exposition aux marchés africains, Afreximbank continue d’apporter des financements aux États et aux entreprises du continent.

Cette montée en puissance s’est traduite par une croissance spectaculaire de ses activités. Entre 2015 et 2025, le total de ses actifs est passé de 7,1 milliards de dollars à 42,3 milliards de dollars. Dans le même temps, ses fonds propres ont progressé de 1,3 milliard à 8,4 milliards de dollars. Son capital libéré a également connu une forte hausse, passant de 511 millions de dollars à près de 3,8 milliards de dollars.

L’agence de notation met également en lumière le rôle joué par l’institution lors de plusieurs crises internationales majeures. De la pandémie de COVID-19 aux conséquences économiques du conflit russo-ukrainien, en passant par les perturbations liées aux tensions persistantes au Moyen-Orient, Afreximbank a mobilisé des ressources importantes pour soutenir les économies africaines.

Dans cette dynamique, la banque a récemment lancé un programme de réponse à la crise du Golfe d’un montant de 10 milliards de dollars. Ce mécanisme vise à aider les pays africains et caribéens à faire face aux tensions sur les marchés des changes, à la volatilité des prix des matières premières et aux perturbations du commerce international.

Au-delà du financement, S&P souligne la contribution d’Afreximbank à la construction d’infrastructures financières continentales. Parmi les initiatives phares figure le Système panafricain de paiement et de règlement, qui facilite les transactions transfrontalières en monnaies locales. Ce dispositif est désormais opérationnel dans 20 pays africains et s’appuie sur plus de 175 institutions financières, contribuant à réduire la dépendance du continent aux devises internationales.

Malgré cette appréciation favorable, S&P relève certains défis. L’agence estime que les réserves de liquidité de la banque demeurent inférieures à celles de plusieurs institutions multilatérales bénéficiant de notations plus élevées. Elle évoque également les risques associés aux restructurations de dettes souveraines, notamment après les difficultés rencontrées au Ghana et en Zambie, qui ont entraîné des retards de paiement et des discussions de restructuration.

L’agence note par ailleurs que le modèle économique d’Afreximbank conserve une dimension commerciale plus marquée que celui de nombreux autres bailleurs multilatéraux, notamment à travers sa politique de distribution de dividendes.

Toutefois, le soutien des actionnaires reste solide. S&P souligne le succès du programme d’augmentation générale de capital de 6,5 milliards de dollars de la banque, dont les objectifs ont été dépassés avant même l’échéance prévue.

Pour l’avenir, l’agence estime qu’une amélioration de la notation pourrait être envisagée si Afreximbank continue de renforcer sa base de capital et ses réserves de liquidité tout en consolidant son rôle stratégique sur le continent. À l’inverse, une détérioration de ces indicateurs ou un affaiblissement du soutien des actionnaires pourrait exercer une pression sur sa notation.

Par Drissa Ouattara

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