Nigeria : La plateforme CBEX engloutit près de 468 milliards FCFA des investisseurs

Nouveau coup dur pour les petits épargnants nigérians : la plateforme CBEX, lancée en juillet 2024 avec la promesse d’un rendement de 100 % en 30 jours, s’est effondrée lundi, emportant dans sa chute plus de 1 300 milliards de nairas, soit environ 468 milliards de FCFA, d’économies d’investisseurs floués.

CBEX n’est que le dernier avatar d’une longue série d’escroqueries de type Ponzi qui prolifèrent au Nigeria depuis plusieurs années. Du tristement célèbre MMM en 2016 — qui avait englouti les fonds de plus de trois millions de Nigérians — à Twinkas, Ultimate Cycler ou encore iCharity, la liste des plateformes frauduleuses ne cesse de s’allonger.

L’arnaque CBEX suivait une mécanique bien rodée : promesse de profits vertigineux, incitation au parrainage avec des primes à la clé, et marketing agressif sur les réseaux sociaux. Lundi, le château de cartes s’est écroulé : groupes WhatsApp verrouillés, canaux Telegram désactivés, et apparition de prétendus « frais de vérification » de 100 à 200 dollars censés débloquer des retraits allant jusqu’à 2 000 dollars. Une manœuvre de plus pour soutirer de l’argent aux victimes.

La Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria a confirmé que CBEX n’était pas enregistrée et opérait donc en toute illégalité. Son directeur général, Emomotimi Agama, a mis en garde les investisseurs lors d’un webinaire cette semaine : « CBEX n’avait aucune base réglementaire pour opérer. »

Une promesse de remboursement

De son côté, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) a assuré suivre de près les activités de la plateforme bien avant que les plaintes n’inondent les réseaux sociaux. « Nous n’avons pas attendu que les Nigérians nous alertent. Nous surveillions déjà CBEX », a affirmé Dele Oyewale, porte-parole de l’EFCC, sur les médias nigérians . L’agence anti-corruption a également rappelé qu’elle avait publié en mars une liste de 58 entreprises suspectées d’opérer des systèmes de Ponzi pour sensibiliser le public.

Face à la pression croissante, l’EFCC tente de rassurer. L’agence a annoncé que des mesures étaient en cours pour permettre aux victimes de recouvrer leurs fonds. Toutefois, aucune précision n’a été donnée sur le mécanisme de remboursement, ni sur un calendrier possible.

Par Amhed Coulibaly

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