Aéronautique : Airbus sécurise sa chaîne d’approvisionnement avec le rachat de six sites de Spirit AeroSystems pour 247,3 milliards FCFA

Airbus a finalisé, le 8 décembre 2025, le rachat de six sites industriels majeurs de Spirit AeroSystems pour 377 millions d’euros, soit 247,3 milliards FCFA. À travers cette opération d’une envergure stratégique, l’avionneur veut réduire sa dépendance industrielle et reprendre le contrôle direct de plusieurs maillons critiques de la production des programmes A220, A320, A321 et A350.

L’accord porte sur des implantations réparties aux États-Unis, au Maroc, en France et au Royaume-Uni. Airbus reprend ainsi le contrôle du site de Kinston, en Caroline du Nord, où sont fabriquées les sections de fuselage de l’A350. En France, le site de Saint-Nazaire, également dédié à l’A350, est désormais intégré à Airbus Atlantic sous le nom de Cadréan.

Au Maroc, l’usine de Casablanca, spécialisée dans la production de pièces pour les A220 et A321, devient Airbus Atlantic Maroc Aero. Le groupe récupère aussi l’implantation de Belfast, en Irlande du Nord, chargée des ailes et tronçons centraux de l’A220, désormais baptisée Airbus Belfast.

En Écosse, le site de Prestwick, qui produit des éléments d’ailes pour les familles A320 et A350, poursuivra ses activités sous le nom de Prestwick Aerosystems. Enfin, la fabrication des pylônes de l’A220, jusque-là assurée à Wichita, dans le Kansas, sera transférée au site toulousain de Saint-Éloi.

Dans son communiqué, le premier groupe aéronautique et spatial européen précise avoir ciblé uniquement les activités directement liées à ses programmes. Spirit AeroSystems poursuit ses opérations avec un périmètre réduit, Boeing restant son principal client.

Cette acquisition, précise l’entreprise, s’accompagne du transfert de plus de 4 000 employés au sein du groupe. Florent Massou, vice-président exécutif des opérations d’Airbus, a salué une étape « d’importance critique » pour la maîtrise industrielle de l’avionneur. Le rapprochement doit ainsi permettre une harmonisation progressive des procédés et savoir-faire issus des différents sites, essentiels pour la montée en cadence des programmes.

Le principal objectif de cette acquisition est de sécuriser les cadences et réduire la dépendance. En effet, depuis la pandémie, l’aéronautique a souffert de perturbations d’approvisionnement et de retards de production. En réintégrant des activités auparavant sous-traitées, Airbus entend mieux contrôler la disponibilité des composants les plus sensibles, notamment ceux de l’A350 et de l’A220, deux modèles stratégiques pour la prochaine décennie.

Le montant de la transaction inclut les ajustements liés aux stocks, infrastructures et passifs contractuels. Airbus se concentre ainsi sur un retour en maîtrise industrielle dans un contexte de forte demande mondiale et de tension sur les chaînes d’approvisionnement.

Par David Yaméogo

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