vendredi 16 janvier 2026

Affacturage en Afrique : Afreximbank préconise de porter le volume à au moins 240 milliards d’euros pour soutenir la transformation axée sur les PME

À l’occasion de l’atelier annuel sur l’affacturage, organisé en novembre dernier à Abidjan, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a rappelé l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de combler le déficit de financement des Petites et moyennes entreprises (PME). Selon l’institution, cet objectif passe par un recours accru à l’affacturage et au financement de la chaîne d’approvisionnement (SCF).

Kanayo Awani, vice-présidente exécutive d’Afreximbank chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations, et membre du comité exécutif de la FCI, a souligné que le potentiel du factoring en Afrique demeure largement sous-exploité, malgré une progression notable ces dernières années. De seulement 21,6 milliards d’euros 2017, les volumes d’affacturage ont presque doublé pour atteindre 50 milliards d’eurosen 2024, avec près de 200 sociétés désormais actives sur le continent.

Les PME, a-t-elle rappelé, représentent plus de 90 % des entreprises africaines et contribuent à plus de 60 % de l’emploi et du PIB. Pourtant, elles continuent de faire face à un déficit de financement estimé à 300 milliards de dollars par an . « Pour stimuler une croissance portée par les PME, l’Afrique doit porter le volume d’affacturage à au moins 240 milliards d’euros, soit environ 10 % du PIB continental. Pour y parvenir, il faudra accroître les financements, approfondir les réformes juridiques, renforcer les capacités et établir des partenariats industriels solides », a indiqué Kanayo Awani.

Le secrétaire général de Factors Chain International (FCI), Neal Harm, a pour sa part invité les acteurs du secteur à concevoir des solutions pratiques et à bâtir des partenariats durables au profit des PME, pour lesquelles l’affacturage et le financement de la chaîne d’approvisionnement constituent des leviers essentiels de croissance.

Dans le même esprit, le représentant du gouverneur de la BCEAO, Charlie Dingui, a reconnu que le développement socio-économique des pays de l’UEMOA passe par un financement renforcé des PME. Selon lui, l’affacturage qui consiste à convertir les créances en liquidités immédiates permet aux entreprises d’améliorer leur trésorerie et de soutenir leur expansion.

Comme dans plusieurs pays du continent, l’affacturage reste peu utilisé en Côte d’Ivoire, malgré un potentiel estimé à 5 milliards de dollars. Les données montrent que seulement 12 % des PME sollicitent actuellement des fonds de roulement auprès des institutions financières formelles, révélant ainsi un champ d’opportunités encore largement inexploité.

Par Léon Yougbaré

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