samedi 7 février 2026

Afreximbank mise sur l’affacturage pour combler le déficit de financement des PME africaines

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) redouble d’efforts pour promouvoir l’affacturage, un mécanisme innovant de financement de la chaîne d’approvisionnement permettant aux petites et moyennes entreprises (PME) de céder leurs factures impayées contre un accès immédiat à des liquidités. L’objectif : pallier le manque de financement qui freine l’essor de milliers d’entreprises sur le continent.

En marge de la Foire commerciale intra-africaine 2025 (IATF2025) à Alger, Afreximbank a organisé une exposition et un atelier consacrés à l’affacturage, en partenariat avec la FCI, la première association mondiale dédiée au financement des créances. L’événement, placé sous le thème « Renforcer les PME grâce à l’affacturage : libérer la croissance et l’optimisation financière », a réuni une centaine de participants venus de divers pays africains sous l’égide de la Banque d’Algérie.

Pour Mme Kanayo Awani, vice-présidente exécutive du commerce intra-africain et du développement des exportations d’Afreximbank, l’enjeu est de taille : les PME africaines font face à un déficit de financement estimé à plus de 300 milliards de dollars , privant plus de la moitié d’entre elles de capitaux suffisants pour croître. Elle a rappelé que, depuis deux décennies, Afreximbank s’est engagée à combler ce vide à travers la promotion de l’affacturage, outil encore peu exploité, mais à fort potentiel pour transformer les économies africaines.

Grâce à cette stratégie, les volumes d’affacturage sur le continent ont plus que doublé, passant de 21,6 milliards d’euros en 2017 à 50 milliards d’euros en 2024. Le nombre de sociétés d’affacturage approche désormais les 200, signe de la montée en puissance de ce mode de financement.

Pour Neal Harm, secrétaire général de la FCI, cette dynamique repose sur un partenariat solide entre acteurs financiers, régulateurs et entreprises. Il a souligné que l’affacturage représente une véritable bouffée d’oxygène pour les PME, qui constituent près de 80 % du tissu économique formel africain. « En transformant les créances en trésorerie immédiate, l’affacturage libère des ressources vitales sans exiger de garanties excessives, permettant aux entreprises de se concentrer sur leur croissance », a-t-il expliqué.

De son côté, Abdelhamid Boualouadnine, Directeur général de la Direction du Crédit et de la Régulation Bancaire de la Banque d’Algérie, a salué l’initiative d’Afreximbank, qu’il a qualifiée de « plateforme de partage d’expériences » et de moteur de la vision panafricaine d’un développement économique plus inclusif.

À l’issue de l’atelier, Afreximbank et la FCI ont convenu de renforcer la coopération avec les autorités algériennes et d’organiser des sessions de formation technique destinées aux régulateurs et acteurs du secteur. Ces formations visent à doter les institutions financières du continent des compétences nécessaires pour encadrer, financer et opérationnaliser efficacement l’affacturage.

Par Amhed Coulibaly

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