L’Africa Finance Corporation (AFC) a signé en 2024 une performance financière sans précédent, avec un chiffre d’affaires dépassant pour la première fois le seuil symbolique du milliard de dollars. L’institution panafricaine de financement des infrastructures a clos son exercice 2024 sur des résultats records, confirmant sa montée en puissance dans le paysage financier continental.
Selon les données publiées, le chiffre d’affaires total s’est établi à 1,1 milliard de dollars, en hausse de 22,8 % par rapport à l’année précédente. Le bénéfice global a progressé de 22,3 %, atteignant 400 millions de dollars, contre 327 millions en 2023. Des performances portées par une forte croissance du revenu net d’intérêts (+42,5 % à 613,6 millions de dollars) et un niveau record des frais et commissions (109 millions de dollars, le plus élevé depuis plus de cinq ans).
Avec un bénéfice d’exploitation en hausse de 42,7 % à 709,7 millions de dollars, des actifs totaux atteignant 14,4 milliards de dollars (+16,7 % en un an), et un ratio coûts/revenus abaissé à 17,3 %, l’AFC confirme la solidité de son modèle. Son ratio de liquidité à court terme s’élève désormais à 194 %, assurant une couverture de 34 mois.
« Ces résultats envoient un message clair : l’investissement stratégique dans les infrastructures africaines crée une valeur durable pour les bénéficiaires et les investisseurs », a déclaré Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC. Pour lui, 2024 marque un tournant, illustrant la capacité de la structure à allier rentabilité et transformation économique.
L’année écoulée a été marquée par des projets structurants sur le continent. L’AFC a poursuivi son soutien au développement du corridor ferroviaire de Lobito, reliant l’Angola, la RDC et la Zambie, avec l’obtention d’un accord de concession en un temps record. En RDC, elle a injecté 150 millions de dollars dans le complexe de cuivre de Kamoa-Kakula, l’un des plus importants et durables producteurs au monde, alimenté en énergie renouvelable.
L’institution a également accompagné la mise en service de la raffinerie de Dangote, la plus grande d’Afrique, et soutenu les ambitions d’Infinity Power Holding dans le domaine de l’énergie propre (objectif de 10 GW), avec des contrats déjà signés en Égypte et en Afrique du Sud. Elle a en outre investi dans le projet énergétique transcontinental Xlinks Maroc-Royaume-Uni, à hauteur de 14,1 millions de dollars, pour le développement d’un pipeline de 15 GW reliant l’Afrique du Nord à l’Europe.
Côté financement, l’AFC a levé 1,16 milliard de dollars dans le cadre de son plus grand prêt syndiqué à ce jour, émis 500 millions de dollars d’obligations hybrides perpétuelles, et lancé avec succès la première obligation nationale en dollars du Nigeria (900 millions levés, sursouscrits à 180 %). Elle a aussi renoué avec la finance islamique après huit ans, via une facilité de 400 millions conforme à la charia.
La mobilisation de capitaux a été tout aussi dynamique, avec 181,8 millions de dollars obtenus auprès de nouveaux investisseurs institutionnels, parmi lesquels Turk Eximbank (premier actionnaire souverain non africain), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et plusieurs fonds de pension africains.
Les agences de notation ont salué cette performance en maintenant la qualité de crédit de l’AFC. Moody’s lui attribue une note A3 avec perspective stable, tandis que S&P Global (Chine) et China Chengxin International lui accordent la note maximale AAA.
Par Ouattara


